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Le 31 octobre prochain, plus de 6
millions d'électeurs québécois seront
invités à se présenter aux urnes afin
d'élire leur nouveau gouvernement à l'Assemblée
nationale. À quelques jours du scrutin, nous poursuivons
notre série d'articles sur le bilan de campagne électorale
des principaux partis politiques avec le Parti québécois
CYFRAN SILLEK
de notre bureau de Québec
Après huit ans d'absence du pouvoir, le Parti québécois
tente aujourdhui de convaincre les électeurs
québécois qu'il incarne de nouveau une alternative
politique crédible. Les colistiers du PQ, Mme Pauline
Marois et M. Pierre-Marc Johnson, ont adopté pendant
toute la campagne électorale un rythme digne dun
moteur à deux-temps. Deux têtes valent mieux
quune, a souvent mentionné le combo péquiste
lors de sa tournée électorale.
Le fait saillant de la campagne péquiste a dailleurs
été cette décision du parti de présenter
aux électeurs une future occupation double de la direction
étatique advenant un gouvernement du Parti québécois.
La tournée électorale des dernières semaines
a néanmoins déjà permis dentrevoir
certaines difficultés quant à un ticket modérateur
Johnson-Marois, comme le clame la publicité du
parti advenant une éventuelle équipe ministérielle
à deux-roues. Un tiens vaut mieux que deux tu lauras,
sest amusé à répéter Jean
Charest, le chef libéral, qui sest aussi avoué
flatté de voir que les péquistes devaient sy
mettre à deux pour tenter dégaler son
niveau intellectuel.
De son côté, la colistière Marois a eu
maille à partir à maintes reprises avec les
journalistes en refusant systématiquement de tenir
une seule conférence de presse, prétextant que
son message était très bien véhiculé
dans la population par l'entremise de son émission
«Les Marois-Blanchette». Rappelons que
depuis plus d'un an, les téléspectateurs québécois
peuvent suivre tous les soirs au Canal vie la vie quotidienne
de Mme Marois et de son époux, M. Claude Blanchette,
ainsi que 24 heures sur 24 sur le site www.lesmarois-blanchette.com.
Au cours des derniers mois, les spectateurs ont pu vivre de
grands moments de télé-réalité
sur différents faits marquants de la vie du couple
bien connu: l'achat et l'installation d'une nouvelle piscine
intérieure, les problèmes fréquents de
la tondeuse et du lave-vaisselle, les problèmes cutanés
des plus jeunes, la mort tragique de Pitou, les problèmes
de poux de Minou et les rénovations des 8 salles de
bains de la maison (nous connaissons tous la passion de Mme
Marois pour les aménagements luxueux du p'tit coin
depuis lépoque quelle fut ministre
dans le gouvernement de Lucien Bouchard).
De son côté, ne faisant ni une ni deux, Pierre-Marc
Johnson a dû composer avec plusieurs déclarations
contradictoires de Mme Marois tenues le même jour et
sur les mêmes thèmes de la campagne. M. Johnson
a aussi été dans leau chaude lorsquune
journaliste à révélé que ce dernier
aurait passé ses dernières vacances estivales
en Guadeloupe en compagnie de son frère et ex-premier
ministre libéral, Daniel Johnson, ainsi que des ex-premiers
ministres Lucien Bouchard et Brian Mulroney. Il aurait alors
été question dun projet de fusion entre
le Parti québécois et le Parti libéral
du Québec afin de créer une seule et même
entité, le Parti unique, reprenant ainsi une idée
qui avait été proposée en 2006. Soulignons
que ce projet avait finalement avorté à la suite
de la maladie subite du candidat alors pressenti pour diriger
laile québécoise, M. Mario Dumont
qui était à lépoque chef de lAction
démocratique du Québec (ADQ) et de la
décision surprise de Jean Charest de retourner au bercail
libéral pour des raisons qui sont toujours demeurées
obscures.
Comme le veut la tradition, le débat des chefs a été
un moment déterminant de cette campagne électorale
québécoise. Dès le départ, les
négociations pour convaincre léquipe libérale
daccepter la présence des chefs péquistes
pour cette soirée a fait dire à M. Charest que
cette requête était totalement inéquitable
pour lui et son parti, deux poids, deux mesures avait-il
objecté. Finalement, les deux formations se sont entendues
pour répartir à temps égal les interventions
lors du débat.
Lors de cette confrontation politique, M. Charest a tenté
une fois de plus de faire appel à lune de ses
spécialités pendant les débats, la balle
rapide (fast ball), en cherchant à déstabiliser
ses adversaires, comme il lavait fait en 2003 au détriment
de lex-premier ministre Bernard Landry. Faisant lecture
dune dépêche Internet à leffet
que M. Jacques Parizeau en avait encore remis sur sa déclaration
du référendum de 1995, léquipe
Marois-Johnson, qui avait cependant vu venir le coup en obtenant
copie de la déclaration de lex-premier ministre,
ont pu tuer dans loeuf cette manoeuvre du chef libéral
quils ont qualifié après le débat
de malhonnête. En réalité, M. Parizeau
avait déclaré, devant une assemblée de
vignerons dans le sud de la France ou il prononçait
une allocution suite aux résultats du référendum
sur linterdiction dimporter des vignes étrangères
sur le sol français, que la défaite avait été
causée par largent et les votes ethniques, faisant
ici référence aux riches propriétaires
dorigine européenne, mais non-français,
qui ont acquis au cours des dernières années
de nombreux vignobles en France.
La bombe médiatique de la dernière campagne
à leffet que M. Stéphane Dion aurait été
un agent informateur payé par le PQ, alors quil
était ministre libéral sous le gouvernement
de M. Jean Chrétien, na toujours pas fait lobjet
de commentaire de la part du duo péquiste. En adoptant
la ligne dure envers le Québec, la mission de M. Dion
aurait alors été de mousser lidée
dindépendance chez le peuple québécois.
Aujourdhui maire de la Communauté des villes
défusionnées, mais adhérentes au Montréal
métropolitain (CVDMAMM), Stéphane Dion, tout
en reconnaissant avoir encaissé de largent du
PQ, réfute toujours ces allégations en affirmant
quil a toujours été un fédéraliste
convaincu et que son action ne visait quà connaître
les réelles intentions du gouvernement péquiste
de lépoque et ainsi de protéger le
plus meilleur pays au monde. « Je nai jamais
brisé le secret ministériel et je nai
jamais trahi mon pays », a affirmé M. Dion, qui
touche depuis 2003 une très généreuse
pension de lÉtat canadien.
Enfin, en ce qui a trait à la stratégie du parti
sur un éventuel référendum sur lavenir
politique du Québec, le jumelé Johnson-Marois
a refusé de confirmer ou dinfirmer la tenue dune
telle consultation, advenant une victoire le 31 octobre prochain.
Ils se sont contentés dinviter les électeurs
à prendre connaissance de leur programme politique,
Pour un avenir bicéphale, qui définit
le concept daffirmationnisme-distinctivisme, un concept
sur lequel nos plus éminents politologues universitaires
travaillent toujours pour tenter dy découvrir
un sens.
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