| |

Par Ricardo Larrivée, Ricardo
magazine, 18 août 2006
Recherche: Normand Bastien
Un détail qui a échappé aux médias
pendant le procès pour fraude fiscale intenté
contre le premier ministre Paul Martin (dont il a été
lavé de tout soupçon lorsquil fut démontré
quil ne sagissait que dune manoeuvre financière
parfaitement légale, bien quinusitée et
fort ingénieuse) vient de refaire surface dans les
pages du journal lItinéraire. En effet, Bobby,
un camelot de lhebdomadaire produit et distribué
par les sans-abri du Québec, travaillait justement
près du Palais de Justice le jour de laudience.
Puisquà lextérieur il soufflait
un vent à écorner les boeufs, Bobby avait eu
lidée de se réfugier dans lauguste
édifice. Il sétait ensuite glissé
dans une salle inoccupée où il sétait
vite assoupi, couché sur un banc et bien à labri
des regards indiscrets, si quelquun venait à
entrer dans la pièce.
Il fut réveillé par des voix. Furtivement, il
jeta un regard de sa cachette, pour sapercevoir quil
se trouvait en plein milieu dun procès très
important, à en juger par le nombre de policiers en
uniforme et en civil quil y avait dans la salle. Ce
nest que lorsque le juge sadressa au premier ministre
quil reconnut enfin le visage toujours si parfaitement
anodin de ce dernier.
Bobby avait lui-même suffisamment fréquenté
les tribunaux au cours de sa vie antérieure pour savoir
quil lui était préférable de demeurer
invisible jusquà ce que tout soit fini. Il réussit
tout de même à entrer en communication avec la
rédaction de son journal à laide de son
téléphone portable. Grâce à la
messagerie SMS, il les avisa dabord de sa situation
et de son impossibilité de parler à voix haute,
il put ensuite leur transmettre la totalité des échanges
du procès par téléphone. Pas dimage,
malheureusement, Bobby nest tout de même quun
sans-abri.
Presque toute la bande enregistrée, dune durée
de quatre heures, couvre la démonstration en détail
de lopération comptable, extrêmement complexe
bien que parfaitement légale. Mais lune des preuves
déposées par les procureurs, une cassete audio
contenant une conversation téléphonique entre
M. Martin et son prédécesseur, M. Jean Chrétien,
datant davant même laccession de lintimé
à ses nobles fonctions, a su intriguer le rédacteur
en chef de lItinéraire.
Voici quelques passages tirés de la transcription de
cette cassette, qui est disponible en version intégrale
dans lédition courante
de lhebdomadaire.
P. Martin: «Allo? Jean? Cest Paul.»
J. Chrétien: «Paulo! Comment ça
va mon chum? Eille! Tes pas venu souper vendredi? Aline
était déçue. La prochaine fois, averti
nous au moins. On avait acheté un beau rosbif
»
P. M.: «Justement, je suis allé, mais
rendu devant chez vous mes gars ont spotté
quelque chose de pas catholique. Ta maison était surveillée.
Je ne pouvais pas risquer dentrer. Je nai pas
téléphoné non plus, javais peur
que ta ligne soit tapée. Cest seulement
quand tu es à ton bureau, comme maintenant, que je
peux être certain quon nest pas écouté.
Je sais que tes gars font attention, pis avec mes gars qui
les surveillent en plus
»
J. C.: «Non, (rires), pas de danger pour ça!
Pis lautre soir, je suis sûr que ce nétait
rien. Probablement juste les Américains, tu sais comment
ils sont nerveux à ce moment-ici
»
P. M.: «Peut-être, mais jaime mieux
ne pas prendre de chance. Là, ça va bien. Tout
le monde croit quon se hait pis quon essaie de
se nuire lun lautre... Ton idée était
bonne. Jai parlé en privé à tous
les premiers ministres et ils croient dur comme fer que cest
la guerre entre nous. Tu ne croiras pas tout ce quils
mont dit à ton sujet. Tu vas rire quand je vais
te raconter ça.»
J. C.: «Jsuis pas sûr de ça.»
P. M.: «Come on, Johnny! Tu le savais
que ça arriverait
Mais vraiment, chapeau! Tu
avais raison sur toute la ligne. Là, comme tu lavais
prédis, tout le monde est convaincu quils vont
voter pour le changement tout en votant pour le même
parti. Cétait génial ton idée.
Paul me le disait encore l’autre soir à Sagard.
Le seul bogue, cest que je ne pourrai jamais
te rendre hommage publiquement pour tout ce que tu as fait
pour le parti et ça me rend triste. À moins
que ton bit à lONU finisse par marcher
ça me donnerait une belle occasion
»
J. C.: «Laisse-moi faire, tu vas voir
Tu
sais que W men doit une couple
Oh! Excuse-moi.
On me demande sur lautre ligne
Ça parle
au diable! Cest lui, justement. De fois, je jurerais
quil mentend... Bon, il faut que je te laisse.
Prend soin de toi mon Paul. Salut!»
P. M.: «Salut! Ah oui! Joubliais... Je
fais un barbecue samedi prochain, parles-en à Aline,
si ça vous tente, rappelle-moi. Bye!»
***
Wow! Saviez-vous que monsieur Martin avait des talents culinaires?
Moi pas. Mais je vous promets de faire enquête. Quant
à la recette de rosbif de madame Chrétien, vous
la retrouverez dans notre édition davril 2005:
Spécial viande rouge.
À la prochaine!
Ricardo
|
|