Nouvelle du 22 novembre 2006, tirée de La Presse, filiale de Quebecor Medias.
Recherche: Normand Bastien
 
Après sa cuisante défaite électorale, l’ex-premier ministre du Québec a terminé son unique mandat par un coup de théâtre. L’annonce de sa démission a surpris même ses plus proches collaborateurs. Avant de s’envoler pour la Guadeloupe, quelques heures à peine après la tombée du verdict populaire, le chef déchu s’est refusé à tout commentaire. En revanche, monsieur Charest a promis de tenir une conférence de presse à son retour, dans une quinzaine de jours.
 
Interrogée quant à l’absence de Michou à l’aéroport, l’attachée de presse de monsieur Charest nous a enjoint de n’y voir aucun problème de couple. L’ex-première dame étant déjà en Guadeloupe depuis une bonne semaine, en compagnie d’un groupe d’amis intimes de son époux.



20 novembre 2006, tiré d’Échos-Vedettes, filiale de Quebecor Medias.

Parti pour une semaine de congé bien méritée en Guadeloupe, notre reporter n’avait pour tout projet que celui de se reposer et de dormir tout son soûl. C’était tout simple, croyait-il. Et pourtant, c’était sans compter sur le raffut incessant provenant de la chambre voisine, nul doute occupée par un couple de jeunes mariés, à en juger par la ferveur bien audible de leurs étreintes répétées.
 
N’y tenant plus, notre journaliste se résigna à aller interrompre les ébats. Il frappa à la porte de ses voisins et quelle ne fut pas sa surprise de tomber nez à nez avec Ben Mulroney, le fils de Brian, mieux connu comme étant l’ex-animateur de Canadian Idols, ou il a d’ailleurs rencontré sa dulcinée, la belle et talentueuse Audrey De Montigny. Oui, une femme! Mettant ainsi fin à bien des rumeurs sur l’orientation sexuelle du joli garçon, exprimées à maintes reprises dans notre courrier des lecteurs.
 
Habitué du milieu, même notre reporter n’en croyait pas ses yeux, ni sa chance…
 
Mais tout n’allait pas se dérouler aussi parfaitement. D’un naturel habituellement charmant, surtout au vu de ce qu’on imaginait de lui, le beau Ben était véritablement en beau fusil. N’eut été de la grâce angélique de la diva de Sainte-Julienne, il y eut risque de rixe.
 
Malheureusement, aucune photo n’a pu être récupérée des restes de la caméra de notre reporter, accidentée pendant l’échauffourée.
 
Lors d’un entretien ultérieur avec la toute belle, mené dans le bar-piscine de l’hôtel, il appert que le couple de tourtereaux se trouve en Guadeloupe pour assister à une fête organisée par la future belle-mère d’Audrey, Mila, en l’honneur de l’anniversaire d’une autre Audrey, Best de son nom, qui est nulle autre que l’épouse du grand Québécois Lucien Bouchard. Ravie de se trouver en présence d’autant de personnalités, le rossignol de Lanaudière nous a confié s’être liée d’amitié instantanément avec Michou Charest, qui sera aussi de la fête.
 
On souhaite la meilleure des chances à notre petit couple – dont la photo (achetée à la dernière minute à un paparazzo italien qui avait confondu Ben avec le nouvel amoureux de la princesse de Monaco, un éboueur de Nice à qui le jeune Mulroney ressemble à s’y méprendre) se retrouve en poster double-page au centre du journal –. En tout cas, si l’on se fie aux impressions auditives de notre journaliste, Ben et Audrey: c’est du sérieux!
 
Pour remercier notre reporter de ce scoop inespéré, nous lui avons offert une semaine de vacances supplémentaire. Il s’est alors empressé de changer de chambre. Autre coup du destin, ses nouveaux voisins n’étaient autres que monsieur et madame Mario Dumont, qui avaient eu la bonne idée de laisser les enfants à la maison. C’est donc dans le calme et le silence que notre reporter a pu terminer ses vacances.



8 décembre 2006, tiré du Devoir, filiale de Quebecor Medias.

Ce sont trois hommes bien bronzés qui se sont présentés devant les médias de Quebecor et quelques autres (les habituels: Le Clairon de Saint-Arsène et Le Couac, qui sont maintenant les derniers médias indépendants du Québec depuis la récente acquisition par Quebecor Medias du Centre des Médias Alternatifs du Québec, une transaction considérée par certains comme étant l'équivalent québécois de celle qui, en France, a vu passer l'Humanité aux mains de News Corporation, la compagnie de Rupert Murdoch).
 
Les trois «colombes» nouvelle vague ont dévoilé, dans la stupéfaction générale, la création du Parti unique (PU). Ce parti, qui présentera des candidats tant au provincial qu’au fédéral, est constitué d’un amalgame d’anciens du Parti conservateur, de l’Alliance canadienne, des partis libéraux du Québec et du Canada, de l’Action démocratique et de l’aile néolibérale du Parti québécois.
 
Le premier point au programme de ce nouveau parti: faire marche arrière au sujet du scrutin proportionnel récemment adopté au Québec, avec le résultat désastreux que l’on sait, et ce malgré l’avis des éminents politologues qui sont à l'origine de ce changement, et qui prévoyaient qu’il en résulterait une plus grande majorité pour le Parti libéral.
 
Si la plupart des journalistes présents étaient enthousiasmés par cette nouvelle dont personne n’avait eu vent, nul ne pouvait s’attendre à ce qui allait suivre. En effet, aucun des trois grands hommes n’entend se porter candidat lors des prochaines élections! Élections qui pourraient d’ailleurs avoir lieu plus vite que l’on pense, si l’on se fie aux bureaux d’avocats auxquels ils sont professionnellement associés, et qui entendent contester la légalité des dernières élections québécoises devant la Cour Suprème, un dossier à suivre.
 
Les trois sages sont d’avis que cette liberté leur permettra de travailler sans entraves, dans l’ombre si l’on peut dire, et sans rémunération aucune, faut-il ajouter, pour le mieux-être de tous les citoyens du Québec et du Canada.
 
Interrogés sur les candidats pressentis à la chefferie, tant provinciale que fédérale, nos trois hommes se sont échangé des sourires complices, puis ils se sont levés et se sont tournés vers le rideau à l’arrière de la scène. L’éclairage de la salle s’est obscurci pour laisser place à deux «follow-spots» qui se sont promenés sur le rideau avec le plus bel effet. Des tambours se sont fait entendre, puis le rideau s’est levé, révélant à gauche le nouveau chef de l’aile québécoise du parti : monsieur Mario Dumont, et à droite, le nouveau chef de l’aile canadienne du parti: monsieur Bernard Lord.
 
Sortant de leur réserve habituelle, la très grande majorité des représentants des médias se sont levés spontanément pour applaudir les cinq hommes. Particulièrement ému, Lucien Bouchard n’a pu s’empêcher de verser une larme.
 
 

 

 
 
   

 

 

 
Tohu-bohu à l'aéroport. Poursuivi jusque sur la piste par une meute de journalistes, l’ex-premier ministre est demeuré insaisissable.
 
Ben Mulroney et Audrey de Montigny sur le plateau de l’émission Canadian Idols qui a vu éclater le talent du rossignol de Lanaudière. Aurait-il aussi vu naître le début de leur idylle?
 
Madame Michou Charest, s’amusant avec le photographe lors de la fête organisée en l’honneur d’Audrey Best, l’épouse de Lucien Bouchard.
 
Monsieur et madame Mario Dumont, pris en flagrant délit de… seconde lune de miel?
 
Lucien Bouchard, qui s’était visiblement ennuyé du micro, nous a livré un très long discours. Sur la photo: messieurs Charest et Dumont, accrochés aux lèvres de l’orateur.
 
Rien n’avait été épargné pour faire de ce lancement un événement mémorable. Des numéros de cirque illustraient les différents points au programme du nouveau parti: ici, l’équilibre fiscal.