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Ç’t’osti-là!
Les choses se corsent pour le gouvernement Martin.
Après le demi-échec des élections, les scandales,
les volte-face en tous genres et les autres aléas qui ont
surgi au fil des mois, voici qu’une catastrophe de grande
ampleur se profile à l’horizon. En effet, Paul Martin
lui-même est menacé d’excommunication par le
pape et le saint collège!
Le Vatican semble déterminé à adopter une
position ferme sur la question de l’homosexualité.
Non seulement, les personnes concernées de prime abord sont-elles
rejetées par l’Église, mais en plus les membres
des gouvernements, qui veulent régulariser, sur le plan légal,
leur situation en leur accordant tous les droits des citoyens à
part entière, risquent de subir l’auguste courroux.
Là où je m’offusque quant à la justesse
de cette décision, c’est lorsque je considère
que Paul Martin a toujours affiché en tout lieu et en tout
temps les valeurs les plus profondément chrétiennes
qui soient. On l’avait déjà constaté
du temps où, ministre des Finances, il s’arrangeait
pour que sa société de transport maritime échappe
au fisc de son propre pays. Ou encore lorsqu’il refusait obstinément
d’engager le moindre de ses surplus pour venir en aide au
réseau de l’éducation, de celui de la santé
ou même de celui de l’aide communautaire; bref pour
soulager les plus démunis. Il a toujours fait preuve d’une
belle solidarité avec les valeurs des privilégiés
qui, c’est bien connu, sont les plus assidus donateurs aux
fabriques de paroisses. Aujourd’hui, pour toute récompense,
ce pauvre Paul risque de ne plus recevoir la sainte galette sur
le bout de sa langue de bois.
Quelle tristesse, tout de même, de voir qu’une personne
qui a tant besoin de la bienveillance divine pour se maintenir en
selle malgré la défaveur d’une frange grandissante
de la population, se fasse ainsi couper l’herbe sous le pied
par une institution si respectée.
Clergé ingrat!

On peut se demander, d’ailleurs pourquoi l’Église
se braque tant à l’encontre de l’homosexualité.
Évidemment, cette orientation vient en contradiction avec
le précepte biblique « allez et multipliez-vous ».
Mais dans l’état de surpopulation où se trouve
présentement la planète, je ne suis pas sûr
que la Bible ait raison sur ce chapitre.
Par ailleurs, on ne peut attendre de quelconque accroissement de
population de la pédophilie. Or on note que le Saint-Siège
a toujours fait preuve d’une grande tolérance à
l’endroit des prêtres pédophiles, allant même
jusqu’à récompenser ceux qui ont tenté
de « couvrir » leurs allées et venues
pour l’avancement de la foi et la plus grande gloire de Dieu.
On aura beau me répondre qu’homosexualité et
pédophilie sont deux choses complètement différentes
– et on aura tout à fait raison –, je ne puis
m’empêcher, justement, de remarquer ici la dualité
des poids et des mesures, lesquelles n’ont justement pas été
prises…
Bref, Paul Martin ne pourra plus tendre la langue devant l’officiant,
le dimanche à l’église. D’ailleurs, rien
n’indique qu’on acceptera de l’y laisser entrer.
Une excommunication, sentence très grave, consiste à
refuser tous les sacrements à qui en est frappé. Ça
doit être le curé de la paroisse qui est content, car
refuser les sacrements, ça veut dire aussi refuser le pardon
de la confession. Avec toutes les magouilles du bonhomme et de son
entourage, ça devait demander un temps fou pour nettoyer
cette âme de fond en comble et de la rendre acceptable à
Dieu. De ce point de vue, c’est justement à se demander
ce qui est le moins déplaisant aux yeux du petit Jésus
ou de son atrabilaire paternel : l’âme d’une personne
homosexuelle amoureuse ou l’âme remplie de duplicité
d’un honnête politicien. Dommage que, là-haut,
ils ne répondent jamais aux appels des firmes de sondage.
Un autre mystère de la foi…
Quoi qu’il en soit, cette histoire d’excommunication
m’a bien fait rire. Au Moyen Âge, ça pouvait
toujours impressionner; mais maintenant ce genre de superstition,
ça tombe plutôt à plat. Sauf peut-être
pour les quelques gogos qui y croient encore. Oui, je dis bien « gogos »,
comme dans benêt, jobard, niais ou poire, n’en déplaise
aux dévots qui se sont égarés sur ce site.
Car enfin qu’y a-t-il de plus ridicule? Croire que Raël
possède la vérité ou penser que Benoit XVI
est infaillible? Au moins Raël – que je n’aime
pas du tout, n’allez pas vous imaginer que je sois apologétique
à son endroit – n’a jamais porté d’uniforme
nazi, lui.
Oui, je sais ce que vous pensez : la jeunesse excuse tout. C’est
un argument très à la mode au Québec par les
temps qui courent, mais que je considère comme de la poudre
aux yeux… ou ailleurs dans le visage. Car enfin, il faut bien
que jeunesse se passe; sinon, on restera toujours coincé
avec des dirigeants irresponsables. Et l’eucharistie ne changera
rien à l’affaire.
En tous les cas, s’il fallait qu’on refuse la communion
à tous ceux qui ne la méritent pas, les fabricants
d’hosties se seraient depuis longtemps reconvertis dans l’industrie
de la commandite.
Ah pis, ma yeule!…
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