
Le signal de la larme
par Luc Asselin
P’tit jésus de plâtre! J’ai tellement
aimé Céline quand elle a pris la parole pour venir
en aide à nos frères de la Nouvelle-Orléans.
Tant de gens abandonnés et laissés à eux-mêmes,
croupissant dans la plus abjecte misère. Quel cœur n’aurait
pas réagi? Celui de Céline a vibré avec la
sincérité qu’on lui connaît à la
tsivi stazunienne, et le poing levé au bout de sa baguette
en l’air, dans un geste qui ne pouvait qu’être
suscité par la plus admirable spontanéité,
tant il était improvisé.
Son indignation était belle à voir et elle a tout
fait pour qu’on en prenne note.
Combien de fois n’a-t-elle pas fait mine d’essuyer
une larme au coin de son œil, ou au détour de son maxillaire,
afin d’exprimer toute l’indignation que la crise à
la Nouvelle-Orléans – ou « nyouworlinz »,
comme on dit à Radio-Canada parfois – lui inspire.
Ah! en effet combien de fois n’a-t-elle pas agité ses
mains afin que l’on devine que ses glandes lacrymales échappaient
à tout contrôle, alors que son maquillage – sans
doute emprunté à une nageuse olympique – refusait
de ruisseler sur son incarnat d’une pureté immarcescible?
Combien de fois n’a-t-elle pas affirmé – à
juste titre – que son don de un million de dollars n’était
rien?
Mon dieu que j’ai donc été fier d’être
un Québécois, quand j’ai vu qu’une de
nos plus belles représentantes nationales – une de
celles de la trempe de Michaëlle Jean – haussait le flambeau
de l’équité et de la solidarité entre
les peuples, elle qui justement – pas séparatiste pour
deux cennes non plus – a toujours eu à cœur les
questions sociales les plus brûlantes, et qui n’a jamais
hésité à prendre position, publiquement, et
en plein jour par-dessus le marché.
Pour reprendre l’affirmation de Plume, qui date quand même
un peu – l’affirmation, dis-je, et non Plume, quoique…
– « que chus don’ fier d’être
Québécois ».
À côté de ça, l’engagement de
Fidel Castro consistant à offrir, en dépit du blocus
économique que lui inflige ces mêmes Stazunis, trois
hôpitaux de campagne afin de soulager la misère des
réfugiés de la Louisiane, avec leurs 1 100 professionnels
de la santé, c’est de la petit bière qui ne
mérite effectivement pas d’être mentionnée
par les médias.
Chère Céline! Quand je pense qu’elle a dû
s’arracher à la promotion de son tout nouveau vidéoclip
pour nous livrer son témoignage désintéressé…
Quel esprit de sacrifice, sacrifice!
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