Vous pouvez participer
à CornedeBrume.com

Pour en savoir plus ›››

Vous voulez faire un commentaire sur l'actualité, vous avez un article à signaler ou un site Internet à suggérer?
Écrivez-nous

 


CornedeBrume.com
est hébergé par
VirusDesign.com,
le projet de réseau.
Pour en savoir plus ›››


Pour nous rejoindre
Contact@VirusDesign.com

 

Contribuez à soutenir le projet de réseau tout en étant resplendissant dans un de nos (magnifiques) t-shirts sérigraphiés (à la main et en petites séries).

Soyez le premier de votre groupe, de votre quartier, de votre ville, pays ou continent à porter un de nos t-shirts!

 


Combattez la novlangue!
Participez à notre dictionnaire maison.

Entrez ›››

 
 

* * *

Une (mauvaise) foi n’est pas coutume

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai suivi avec un intérêt non dissimulé l’évacuation de la bande de Gaza par les colons. Comme vous savez déjà, cette évacuation ne s’est pas faite dans la joie et l’enthousiasme, pas plus qu’elle ne l’a été de bon gré par tout le monde.

Ce qui m’a étonné là-dedans, c’est que la chose s’est déroulée sous l’œil intransigeant des caméras de la planète, car, comme par hasard cette fois, il était permis aux journalistes d’assister à ce qui avait toutes les allures d’une déportation.

En passant, on en sait quelque chose, chez nous, des déportations. En effet, pas plus tard que cet été, on a fêté dans la joie la plus débridée le supplice des Acadiens dans les provinces Maritimes. C’est vous dire à quel point nous sommes un peuple bon vivant et primesautier : tourner en party un crime contre l’humanité… Only in Canada, dis-je toujours à ceux qui ne veulent me comprendre. Moi, je n’ai pas fêté; je ne me sens jamais canadien dans ces cas-là.

Mais je digresse.

Je dis « par hasard » parce que, la dernière fois où l’armée israélienne a foutu des gens dehors de chez eux dans la bande de Gaza, ça s’est fait avec une discrétion exemplaire. Pas question d’avoir ça sur film à l’époque, comme sur vidéo de nos jours. Surtout pas. On a agi avec efficacité. non pas en transportant complaisamment les résistants dans des autobus – étaient-ils seulement climatisés? –, mais en les chassant à la pointe du fusil. On n’avait pas voulu, dans le temps, que les journalistes s’en mêlent, de peur de fabriquer des martyrs. On dirait que, maintenant, les choses ont bien changé. Il semble que les autorités ne refusent pas d’en créer quelques milliers (4 000 sur 8 500 colons) pour les donner en pâture à la communauté internationale.

Mais pourquoi courir le risque de ternir ainsi l’image du gouvernement de Jérusalem? Tout simplement parce que ça ne ternit rien du tout. Voici plusieurs années que l’opinion mondiale commence à se tourner imperceptiblement du côté du peuple palestinien et que, en conséquence, l’étoile de l’occupant sioniste à Gaza et en Cisjordanie commence à pâlir. À tel point, en fait, qu’Israël, qui n’a jamais perdu une seule de ses guerres, est maintenant contraint, au nom de la paix, à lâcher des territoires qu’il détenait depuis près de 40 ans.

Alors, puisqu’on veut bien paraître, on n’hésite pas à donner dans le déchirement. N’importe quel réalisateur de téléréalité vous le dira : « Ça prend du monde qui “braille”. » Alors on en a donné à la planète entière. Des hommes, des femmes, des enfants et même des flics et des soldats; tous au désespoir. Des larmes, des cris, des grincements de dents, de véhémentes protestations, des poings dressés en signe de dépit. Il y avait de quoi émouvoir n’importe qui. Je suis sûr que toute cette douleur a dû provoquer un pincement au cœur des Palestiniens eux-mêmes…

Mais, me suis-je demandé avec ma coutumière naïveté, pourquoi?

Mais pour montrer tout le sacrifice consenti par l’occupant illégal (dixit les nombreuses résolutions de l’Organisation des Nations unies) pour faire sa part afin de mettre un terme à la guerre. Ainsi que pour monter en épingle ce qui n’est, finalement, qu’un préalable obligé à tout règlement durable et d’en faire, avec l’aide des médias, un sacrifice douloureux et terrible. Dès lors, nous laisse-t-on entendre, qu’on ne lui demande plus rien, à ce pauvre occupant; cette quête de la paix lui a déjà tant coûté.

On appelle ça le pouvoir de négociation. Et ça en prend beaucoup, beaucoup quand on n’a pas du tout l’intention de négocier.

Quelque chose me dit qu’Israël n’est pas à la veille de cesser l’occupation de la Cisjordanie.

Et encore moins de faire de véritables concessions…

Ah pis, ma yeule!…

*

23 août 2005