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Cæteris paribus


Tiens, tiens!…

par Luc Asselin

Maintenant que les Jeux olympiques, qu’ils soient ordinaires ou « para », sont terminés, le constat est troublant pour le Canada. Visiblement, les handicapés canadiens sont en bien meilleure forme que ceux qui ne le sont pas – handicapés, veux-je dire, et non pas canadiens, quoique… À preuve, voyez la performance des athlètes. Le Canada se classe troisième au chapitre des médailles aux Jeux paralympiques, devant les Stazunis, tandis que son classement ne s’enregistre qu’à peine sur l’échelle de Richter des Jeux « normaux ».

Assurément, il y a là un phénomène qu’il faut approfondir.

Y a-t-il au Canada un environnement propice aux personnes handicapées? Y a-t-il, dans cette fascinante et mystérieuse contrée, quelque chose (alimentation, eau, environnement ou autre) qui influe sur l’organisme des personnes souffrant de handicap et qui leur donne une force, une endurance et une précision peu communes? Ou alors, faut-il opérer un raisonnement inverse? C’est-à-dire, y a-t-il un manque dans les autres pays qui fait en sorte que leurs handicapés sont en moins bonne forme?

Quant à cette seconde hypothèse, la logique ne semble pas tenir la route. Cæteris paribus, il serait impensable que presque tous les autres pays souffrent d’une carence alors que le Canada serait l’une des rares nations à offrir un environnement propice à ses personnes handicapées.

Encore une fois en postulant que toutes choses sont égales par ailleurs, on pourrait être tenté d’adopter une explication purement statistique.

Cette approche a tout au moins le mérite de s’avérer plus scientifique.

En conséquence, il se peut tout simplement que le succès du Canada dans le domaine des Paralympiques provienne du fait que plus de personnes handicapées vivent effectivement dans ce pays, en nombre absolu.

Cette explication est tentante, car le pays qui a récolté le plus de médailles aux Jeux est effectivement la Chine dont la population florissante offre certainement un bassin plus que suffisant pour doter toutes les disciplines d’athlètes talentueux. Mais cette explication, qui semble a priori la plus plausible, se heurte à la dure réalité des faits.

Ainsi, le Canada ne compte qu’une fraction infime de la population chinoise. S’il est vrai que le Royaume-Uni (deuxième au classement) et les Stazunis (quatrièmes) ont une population plus importante, ils ne font pas le poids – si on peut dire – sur ce chapitre.

Mais, en étudiant de plus près le tableau du classement général des médailles, l’esprit est attiré par un détail fort troublant. En effet, la Chine mise à part, quatre des cinq premiers pays sont d’origine anglo-saxonne, abstraction faite des aléas de la décolonisation ou d’éventuelles guerres d’indépendance : Royaume-Uni (deuxième); Canada (troisième); Stazunis (quatrième); Australie (cinquième).

Dès lors, tout devient clair.

Il s’agit bien d’une explication statistique, non pas en fonction de chiffres absolus, mais bien de chiffres relatifs. De toute évidence, quelque chose dans ces pays a effectivement une incidence sur la santé de la population. Des variables épidémiologiques sont visiblement à l’œuvre pour affliger ces nations et leur faire produire, proportionnellement, plus de personnes handicapées et donc un pool d’athlètes plus étendu au sein duquel, statistiquement toujours, on retrouve un plus grand nombre de sportifs de haut niveau.

Compte tenu de la large distribution géographique de ces pays, il est douteux que des facteurs climatiques soient en jeu ici. On sait, par ailleurs, qu’il s’agit de nations industrialisées, des intervenants de premier plan au sein du G-8 et tous des architectes de la mondialisation, du libre-échange et du néolibéralisme. Voilà qui ne plaide guère en faveur de la santé de leur population respective, surtout quand on sait à quel point ces pays, les Stazunis en tête, répugnent à investir dans les champs de santé publique.

Par ailleurs, il ne faut pas rejeter en bloc non plus l’influence culturelle qui est ici trop marquée (tous des pays issus de l’empire britannique) pour n’être qu’un hasard sans importance. En effet, il se peut fort bien que l’influence culturelle, par le biais d’un entrelacs de variables concomitantes, ait entraîné une sorte de dégénérescence généralisée, soit par le biais de mauvaises pratiques sanitaires alimentaires ou intellectuelles – et on sait à quel point l’esprit influe sur le corps. Mens sana in corpore sano, et toute cette sorte de choses.

Le débat est ouvert, mais j’en veux pour preuve un échantillonnage des dirigeants de ces nations qui, sur le plan mental tout au moins, présentent visiblement des lacunes importantes : paranoïa aiguë aux Stazunis, syndrome manico-dépressif au Canada; schizoïdie au Royaume-Uni; trouble passif agressif en Australie.

« Que voulez-vous? » On ne peut avoir un déficient intellectuel comme premier ministre du Canada pendant toutes ces années sans que cela trahisse une certaine réalité!…

*

29 septembre 2004