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Chaud devant!


Youpelaille !
*
par Normand Bastien

*Toute ressemblance avec le titre du nouveau disque de Geneviève Bilodeau est voulue.

Comme ça, l’automne sera chaud? Mauvaise nouvelle. Personnellement, après l’été suffocant qu’on a eu, j’espérais un peu de fraîcheur. Dormir en sueur, se penser sous les tropiques – moins les ouragans – c’est drôle pendant un moment. Mais à la longue on se tanne. Si au moins c’étaient des sueurs froides.

J’ai des amis qui disent aimer la chaleur. J’comprends! Entre leur demeure climatisée et leur bureau climatisé, où ils se rendent en véhicule climatisé, ils ne prennent que la dose de chaleur qui leur convient. Cette dose de chaleur qui fait que la bière, ou le rosé, semblent tellement plus frais que d’habitude, plus désaltérants. Et tous ceux qui se tapent l’entretien d’une piscine voient enfin leurs efforts récompensés. On oublie vite, mais des étés froids et pluvieux, on en a connu aussi. Demandez à vos mononcles piscinophiles, ils s’en souviennent.

Rien n’est plus triste qu’une piscine désertée en plein été.

*

Désertion

C’est fou le pouvoir qu’ont les mots de vous ramener à votre sujet.

Bien que, dans les faits, les risques de digression sont inexistants puisqu’au départ, c’est quand même un peu le but de l’exercice.

Désertion, alors, comme dans celle de l’opinion publique chaque fois qu’il est question de cette caste de privilégiés que l’on nomme, paradoxalement, les serviteurs de l’État.

Ça ne me tente même pas d’essayer de commencer à combattre les clichés et préjugés anti fonctionnaires qui s’accumulent depuis des générations. C’est comme si c’était gravé dans la mémoire ROM des Québécois, perdue quelque part dans les méandres du cerveau reptilien. Ça et les préjugés contre les BS, c’est pareil. C’est dedans par défaut.

Si, mettons, autour d’une piscine, par exemple, mononcle chose commence à vous parler des maudits béhesses et des fonctionnaires qui-sont-pas-mieux, profitez-en pour aller changer votre bière, un cas de force majeure reconnu. Et si celle que vous avez dans la main est neuve, échappez-la par terre sans faire exprès. Le vieux truc du verre contre la céramique, «ça marche la plupart du temps. Et ça arrête la discussion tout net, car il y a crise. En effet, pour tout piscinophile qui se respecte, du verre brisé autour de la piscine constitue invariablement un “code rouge”. L’établissement immédiat d’un périmètre de sécurité permet la fuite discrète et bienvenue». (Traduit du best-seller anglais: Party Pooper: A Survival Guide for the Easily Bored.)

Tant pis pour les préjugés, donc, même s’il faut reconnaître qu’ils nous ont valu une tonne de bonnes jokes.

J’aimerais quand même utiliser cette mince tribune pour partager avec qui le veut bien cette idée qui commence à me turlupiner et qui pourrait bien venir rafraîchir mes nuits automnales, vu les sueurs froides dont je vous parlais plus tôt. Et le fait que Denise Bombardier avance la même idée, ce matin dans Le Devoir, n’a rien pour me rassurer.

Pendant qu’au Parti québécois on ne sait plus quoi faire de cette brochette de chefs où les candidats ne cessent de s’enfiler à qui mieux mieux, voici que notre très cher premier ministre tient enfin un dossier où il a le gros boutte du batte.

Les négociations collectives des secteurs public et parapublic touchent environ 536 100 personnes.

Source: Secrétariat du Conseil du trésor

Avec l’opinion publique qui fait bloc contre tout ce qui est syndiqué et/ou fonctionnaire, Jean Charest peut enfin espérer voir sa cote de popularité ressurgir des abîmes où elle croupit habituellement. Surtout si l’automne devait être aussi chaud qu’on se plaît à nous le répéter.

Pensez-y un instant. Jean Charest, populaire?

Ça me fait froid dans le dos rien que d’y penser.

Brrr!

*

À tout malheur, quelque chose est bon

J’espère que vous avez vu le dessin de Chapleau dans La Presse d’aujourd’hui. Génial! Son Tintin Boisclair est un classique instantané. Surtout qu’on risque de lui voir souvent le toupet, puisque ses chances de succéder à Bernard Landry sont excellentes. Je pense même que ça vaudrait la peine de le modeler tout de suite pour le show à Laflaque... Un genre de compensation pour les gens qui, comme moi, ne voient en André Boisclair qu’une sorte de Mario Dumont version souverainiste. Pour l’instant, entre lui et Pauline Marois, je choisirais la Castafiore.

*

Finalement, je me permets de reproduire le dessin ici, en pensant à tous ceux qui, par exemple à Grande et Petite-Vallée, en Gaspésie, n’ont pas le privilège de recevoir le volumineux quotidien. C’est parfaitement illégal et en cliquant sur le lien ci-dessus vous vous mouillez également. Bien sûr, si on me le demande, en cliquant ici, je l’enlève. Mais ça serait dommage. Merci et longue vie à Serge Chapleau... et à Tintin Boisclair!

*

27 août 2005