Bon été!
par Normand Bastien
Voici venue la période de l’année où
il faut s’arracher de nos écrans pour se concentrer
sur la partie tridimensionnelle de nos trop brèves existences.
Si notre interruption estivale survient plus tôt cette année,
c’est à cause de la conjoncture exceptionnelle d’une
série de raisons plus variées les unes que les autres,
mais qui relèvent toutes de la troisième dimension,
et aussi, soyons francs, de la soi-disant quatrième; le temps.
Alors, comme dirait l’autre, autant en profiter.
On se retrouve donc après l’été, la
planète devant survivre jusque-là. Peut-être
pas l’Europe, peut-être pas l’Iran, mais sûrement
le Canada, puisqu’on s’est évité des élections
qui auraient pu détruire le pays. De quoi sérieusement
gâcher nos vacances à tous. On serait presque tenté
de dire comme le magazine L’actualité, mais pas pour
les mêmes raisons: «Merci Belinda!».
Ah! Belinda... Pauvre elle. Certains l’accusent de tous les
torts et la traitent de tous les noms. Les plus cyniques vont jusqu’à
lui reprocher d’ajouter à la désaffection des
électeurs envers la politique. Franchement! Comme si personne
n’avait déjà remarqué la nette prépondérance
d’opportunistes en politique... et dans son sillage, ne cesse
de nous démontrer la commission Gomery, elle-même une
arme de désaffection massive éprouvée. Et surtout
ici au Québec, d’où proviennent tous ses protagonistes
et où on se souvient encore de Lucien Bouchard.
Et que dire de l’effet sur l’électeur de la
révélation du stratagème anti-Gomery, monté
par le Parti libéral du très pur Paul–je
suis furieux–Martin? Que dire de sa générosité
subite, fruit de l’épiphanie qui a suivi son union
providentielle avec le NPD, distribuant sans compter des dizaines
de milliards de dollars en cadeaux aux Canadiens et Canadiennes
de tous les coins de ce formidable pays?
Non, il n’y a pas à dire, les temps sont durs pour
la conscience de l’électeur.
Pourtant, et vous pourrez blâmer mon éternel optimisme,
je n’y vois aucune menace pour notre beau système démocratique.
Tout au plus, certains électeurs qui votaient sans savoir
s’abstiendront, mais toutes choses étant égales
par ailleurs, il n’y a que le taux de participation qui risque
de chuter. Alors que nous, électeurs éclairés,
aurons toujours le loisir de choisir le parti qui nous semble le
moins pire.
Vive la démocratie!
Et bon été.
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