«Par nos efforts, nous avons allumé un feu, un feu
dans l’esprit des hommes. Il réchauffe ceux qui ressentent
sa force, il brûle ceux qui combattent sa propagation et un
jour, ce feu indompté de la liberté atteindra les
recoins les plus sombres de notre monde.»
George
Walker Bush
*

Danger et liberté
par Normand Bastien
Ah!, c’est beau la liberté. C’est vrai qu’on
est mieux quand on est libre que quand on ne l’est pas. Encore
que cela dépende de l’endroit où l’on
exerce sa liberté, ou son manque de.
Par exemple, il est beaucoup plus facile d’être libre
ici au Québec qu’à plein d’autres endroits
sur le globe. Plein d’autres endroits en général,
mais plein d’autres endroits en particulier aussi. Prenez
l’Irak, un exemple choisi comme ça au hasard, voilà
un endroit en particulier où l’homme libre ne l’a
pas facile, et la femme libre encore moins.
Si l’homme libre doit être libre d’une seule
chose, c’est bien de pouvoir voter librement. C’est
pourquoi les défenseurs de la démocratie en général,
et en particulier ceux de la démocratie programmée,
fondent leurs espoirs sur le scrutin du 30 janvier. Ce jour historique
qui marquera la renaissance d’un État libre, gouverné
par des hommes libres, élus librement par des électeurs
libres.
Voilà qui augure bien pour ce nouveau siècle qui
verra enfin la liberté se répandre comme une traînée
de poudre, comme une pandémie au VIH ou au H5N1.
Car la liberté est pétrie de danger, ne l’oublions
pas.
Bon, c’est assez évident en Irak, mais ça l’est
beaucoup moins dans nos contrées paisibles, où la
démocratie est une vieille habitude.
Pourtant, les dangers abondent. Il y a d’abord ces grandes
menaces qui nous concernent tous, peu importe le degré de
liberté dont on joui, tels les changements climatiques, les
catastrophes naturelles ou socioéconomiques, les astéroïdes
fous, les pandémies, le terrorisme ou la téléréalité.
Mais il y a aussi ces dangers anodins qu’on côtoie
quotidiennement sans même s’en rendre compte...

La Semaine québécoise pour un avenir sans tabac 2005,
qui vient de se terminer, nous a rappelé les dangers reliés
à la fumée secondaire: la troisième cause de
«mortalité évitable», après la
fumée directe et l’abus d’alcool. En effet, 136
non-fumeurs québécois décèdent chaque
année d’un cancer du poumon causé par la fumée
secondaire. S’ajoutent à cela les 233 non-fumeurs québécois
qui meurent de maladies cardiaques contractées dans les mêmes
circonstances.
Ça fait peur.
Ça fait réfléchir aussi.
Car la fumée secondaire n’est qu’un des multiples
dangers qui nous menacent dès que l’on ose sortir de
chez soi. Mais il le faut pourtant, puisque la sédentarité
tue elle aussi. Sans parler des risques à domicile comme
les incendies, l’exposition aux champs magnétiques
et aux radiations, l’air vicié, les moisissures, le
bois traité, la vermine, le pot-pourri bon marché
ou pire, le sent-bon électrique.
Dès que l’on met le pied au dehors, on a intérêt
à être sur ses gardes et à bien regarder des
deux côtés avant de traverser la rue si on ne veut
pas faire partie des 70 piétons et plus qui meurent d’accidents
chaque année au Québec. Mais on est quand même
plus en sécurité à pied qu’en automobile,
qui fait chaque année plus de 600 morts et 6 000 blessés
graves.
Quoique, à bien y penser, automobilistes et piétons
confondus seront davantage victimes de la pollution que des accidents
de la route et de la fumée secondaire. On estime que la pollution
fait 4 000 morts par année au Québec, dont 1 900
à Montréal seulement. Tiens, ça me fait penser
à l’autoroute
25...
En attendant, veillez à renforcer votre système immunitaire,
car il est hors de question de tomber malade et d’aller à
l’hôpital: beaucoup trop dangereux! N’avez-vous
pas vu Les Invasions barbares?
D’abord, les infections nosocomiales. Quelques chiffres annuels.
En France: 800 000 patients infectés, 14 000 décès.
Aux États-Unis: 32 000 décès. Au Québec:
2 000 à 3 000 décès, auxquels on
ajoute 2 000 décès dus à des erreurs médicales.
Mais ne laissez pas ces chiffres vous déprimer, vous risqueriez
alors d’aller rejoindre les 1 300 Québécois
qui, chaque année, optent pour le suicide, que l’on
pourrait aussi appeler la mort préventive.
Surtout qu’en réalité, on n’a jamais
vécu aussi vieux au Québec que de nos jours.
Et ça, on pourrait l’oublier, mais on le doit beaucoup
à notre système de santé gratuit pour tous.
On pourrait aussi oublier que l’image tiers-mondiste qu’on
se plaît à donner de nos hôpitaux n’est
que propagande au profit des vautours qui s’affairent activement
à privatiser la santé, morceau par morceau.
Et ça, ça fait vraiment peur.

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Vu sur la toile

Suicide
bomber sells VW Polo – hoax ad takes internet by storm
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Darth
Tater: The dark side of Mr. Potato Head
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