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| Palme
d’or pour Fahrenheit 9/11 |

Kill Bush
2
Jean-Michel Thenard, Libération, 24 mai 2004
Le locataire de la Maison Blanche, dont les
affirmations sont parfois mensonges, a bien le caricaturiste qu'il
mérite: d'un redoutable simplisme et d'une grande férocité,
à l'image de sa personne et de sa politique. Ne pas s'encombrer
de subtilité, c'est la force de Moore pour lutter à
armes inégales contre la propagande des puissants de la première
puissance.
Libération.fr
*

«Tout à l’heure, sur scène (au moment
de la remise de la Palme), j’ai oublié de remercier
toute mon équipe d’acteurs. Alors si je peux le faire
maintenant, je veux remercier George Bush, (le vice-président)
Dick Cheney, (le secrétaire adjoint à la Défense)
Paul Wolfowitz, (et le secrétaire à la Défense)
Donald Rumsfeld»
Michael
Moore
*
Michael Moore
a reçu la Palme d’or pour son documentaire anti-Bush,
«Fahrenheit 9/11»
Le Monde, avec AFP, 22 mai 2004
Michael Moore a dédié sa Palme d’or «aux
enfants en Amérique et en Irak, et tous ceux dans le monde
qui souffrent des actions» des États-Unis. «Écrasé»
par la récompense, décernée sous des tonnerres
d’applaudissements, il a estimé que cette reconnaissance
internationale permettra à son film de sortir aux États-Unis
et «au peuple américain de le voir». «Beaucoup
de gens veulent cacher la vérité, la mettre au placard
mais vous l’avez sortie du placard», a-t-il dit
à l’adresse du jury présidé par son compatriote
Quentin Tarantino. «Si on dit la vérité
au peuple, la République sera sauve», a-t-il ajouté
en citant l’ancien président Abraham Lincoln, «un
Républicain d’une autre trempe». Le «trublion»
du cinéma américain a également indiqué
avoir «le grand espoir que les choses changent».
Et d’ajouter: «Je ne suis pas seul. Il y a des millions
d’Américains comme moi et je suis comme eux».
LeMonde.fr
*
Tarantino aurait dû se douter qu’il n’y a rien
de pire qu’un Happy End hollywoodien pour les cinéphiles...
La palme à Farenheit 11/9 de Michael Moore:
un palmarès démago
Christophe Kantcheff, Politis, 22 mai 2004
Pouvait-on imaginer palmarès plus affligeant? Qui attendait
du président Quentin Tarantino qu’il se déjuge
à ce point, lui qui avait déclaré que les considérations
cinéphiliques seules guideraient ses choix? Au lieu de quoi
Tarantino a préféré voter contre Bush, et par
là même contre le cinéma. (...)
Film ultra plébiscité, Farenheit 11/9 ne
heurte pas la politique étrangère de Chirac ni le
sentiment profondément anti-Bush de la gauche française,
et permet aux festivaliers de prendre courageusement position contre
le président des États-Unis au sein du palais du festival
et sur les plages de la Croisette, tout en regardant passer, indifférents
sinon hostiles, le cortège des intermittents. Surtout, son
couronnement à Cannes signifie l’abandon complet du
jury d’une quelconque exigence cinématographique.
Politis.fr
*
Une charge à boulets rouges
Dominique Widemann, L’Humanité,
18 mai 2004
La salle cannoise qui projette en avant-première le film
de Michael Moore est prise d’assaut, tout comme la projection
qui se tient au Palais du Festival. Il est vrai que le cinéaste
collectionne les prix depuis Roger et Moi, réalisé
en 1989. Cannes, en 2002, lui remettait le prix du 55e anniversaire
du Festival pour Bowling for Colombine. La silhouette de
Michael Moore, qui intervient à l’image dans ses enquêtes
documentaires, est largement familière et le public qui le
croise n’hésite pas à lui taper dans le dos.
Médaille et revers de l’humour au vitriol qu’il
distille.
Humanité.fr
*
Entrevues avec Michael Moore
«La gauche américaine a-t-elle donc renoncé
à séduire?»
Samuel Douhaire, Libération, 19 mai
2004
Enfin, après deux heures de retard, Michael Moore parut.
Habillé comme l’Américain moyen qu’il
revendique être (short, sandales de pêche et casquette),
mais entouré comme un chef d’État: trois gardes
du corps, deux représentantes de son producteur Miramax,
et même deux «conseillers en communication politique»
chargés de «débriefer» ses rencontres
avec les journalistes. L’interview se fait tout de même
en tête à tête sur son nouveau documentaire en
compétition, Fahrenheit 9/11, qu’il présente
comme «une chronique des quatre années de la présidence
de George W. Bush»: de son élection «volée»
à la guerre en Irak, en passant par les attentats du 11 septembre
et les liens troubles avec la famille Ben Laden.
Libération.fr
Michael and me
Andrew Anthony, The Observer, May 23, 2004
The film-maker who could help to bring down Bush has been larging
it at Cannes. He has made millions asking awkward questions of corporate
America. But there are a few awkward questions we’d like to
ask him...
Observer.Guardian.co.uk
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| Irak |

Des révélations sur la prison d’Abou Ghraib
impliquent un général américain
Le Monde, avec AFP, AP et Reuters, 23 mai
2004
Chaque jour apporte son lot de révélations sur les
pratiques américaines en Irak. Encore une fois, c’est
au quotidien, The Washington Post qu’il revient d’apprendre
que le plus haut gradé de l’armée américaine
en Irak, le général Ricardo Sanchez, pourrait avoir
assisté à des interrogatoires à la prison d’Abou
Ghraib quand des sévices y ont été pratiqués.
LeMonde.fr
En plein scandale, Washington se pose en champion des droits
AFP, Le Devoir, 18 mai 2004
Les États-Unis ont rendu public hier un rapport annuel sur
les efforts américains visant à améliorer la
situation des droits de l’homme dans le monde, mettant en
avant le travail réalisé en Irak d’où
est parti le scandale des sévices commis sur des prisonniers
irakiens. Sa publication par le Département d’État
avait été retardée de 12 jours par crainte
qu’elle ne soit mal interprétée.
LeDevoir.com
*
L’imbroglio irakien
Serge Truffaut, Le Devoir, 18 mai 2004
Actuellement, tant à Londres qu’à Washington
on ne sait plus trop sur quel pied danser à cause évidemment
de la tournure des événements en Irak où hier
encore on a assassiné le chef du Conseil intérimaire
du gouvernement, mais aussi en raison du vide juridique qui caractérise
la suite des choses. Ainsi, sur le plan militaire, Washington tient
à conserver tous les leviers du commandement. Ils ne veulent
pas être sous l’autorité du gouvernement intérimaire
ni celle, possible, de l’ONU.
Dans les couloirs de l’ONU où se négocie une
résolution devant être présentée au tout
début du mois de juin, les Français et les Russes
estiment qu’il faudrait accorder aux officiers irakiens la
possibilité de refuser d’obéir à des
ordres signés par des Américains. Bonjour l’ambiance!
Côté américain, on pense que les membres du
contingent devraient être exemptés de poursuites devant
des tribunaux irakiens. En clair, on veut l’immunité
pour chacun d’entre eux.
LeDevoir.com
Iraqis lose right to sue troops over war crimes
Kamal Ahmed, The Observer, May 23, 2004
British and American troops are to be granted immunity from prosecution
in Iraq after the crucial 30 June handover, undermining claims that
the new Iraqi government will have «full sovereignty»
over the state.
Observer.Guardian.co.uk
La disgrâce de Chalabi, nouvelle casserole pour Rumsfeld
Pascal Riché, Libération,
22 mai 2004
Libération.fr
*
En Irak, des groupes tentent d’incarner la «vitrine
légale» de la résistance
Sophie Shihab, Le Monde, 18 mai 2004
Deux organisations sunnites, l’Assemblée des oulémas
et le Haut Secrétariat pour les fatwas, consultées
par l’envoyé spécial de l’ONU, Lakhdar
Brahimi, prônent le dialogue direct avec l’«opposition
armée légitime» et cherchent à se démarquer
des auteurs d’attentats-suicides.
LeMonde.fr
*
Pornographie de la guerre
Jean Baudrillard, Libération, 19
mai 2004
World Trade Center: l’électrochoc de la puissance,
l’humiliation infligée à la puissance, mais
de l’extérieur. Avec les images des prisons de Bagdad,
c’est pire, c’est l’humiliation, tout aussi meurtrière
symboliquement, que s’inflige la puissance mondiale à
elle-même – les Américains en l’occurrence
–, l’électrochoc de la honte et de la mauvaise
conscience. C’est en quoi les deux événements
sont liés. (...)
Avec le 11 septembre, c’était comme une réaction
globale de tous ceux qui ne savent plus quoi faire de cette puissance
mondiale, et qui ne la supportent plus. Dans le cas des sévices
infligés aux Irakiens, c’est pire encore: c’est
elle-même, la puissance, qui ne sait plus quoi faire d’elle-même
et ne se supporte plus, sauf à se parodier elle-même
d’une façon inhumaine.
Libération.fr
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| Suivi |
Nous
avons reçu ce commentaire d’Henri Roy, merci.
Dernièrement, je vous faisais parvenir une brève que
j’avais trouvée dans le Journal de Québec
concernant des soldats australiens qui auraient fait subir de mauvais
traitements à des chatons. Dans mon commentaire, je disais
qu’il serait intéressant de comparer ce dossier à
celui des soldats américains qui ont fait subir de mauvais
traitements aux prisonniers irakiens. Justement, un des soldats
américains a été accusé aujourd’hui:
Soldier sentenced to 1 year in Iraq prisoner abuse
Three soldiers defer pleas at arraignment
CNN, May 20, 2004
BAGHDAD, Iraq -- Spec. Jeremy Sivits received the maximum sentence
Wednesday for his role in the Iraqi prisoner abuse scandal as part
of a plea deal with prosecutors that leaves him open to testify
against other soldiers charged in the mistreatment of Iraqis at
Abu Ghraib prison.
The 24-year-old Sivits will face a year of confinement, discharge
for bad conduct, and demotion to the rank of private. His sentence
will automatically be appealed. […]
The sentence followed Sivits guilty plea on all three criminal
charges against him: conspiracy to maltreat subordinates, or detainees;
dereliction of duty for willfully failing to protect detainees from
abuse, cruelty and maltreatment; and maltreatment of detainees.
[…]
Sivits spoke of his family, living in Pennsylvania, his love for
the military and his desire to stay in the Army.
CNN.com
*
Je ne suis pas traducteur, mais ce que je comprends, c’est
que Sivits -- qui a plaidé coupable et qui, selon les termes
d’une entente avec la poursuite, aurait accepté de
témoigner contre d’autres soldats -- a reçu
une sentence d’un an de prison, qu’il a été
disculpé des accusations de mauvaise conduite et qu’il
a été «dégradé» du rang
de «Spec.» («Special» je suppose) au grade
de «Private» ou simple soldat. De plus, il ira automatiquement
en appel de cette sentence.
Finalement, comme si une telle sentence était exemplaire,
le président de l’autorité provisoire en Irak,
Dan Senor, déclare:
Coalition Provisional Authority spokesman Dan Senor said Sivits’
court-martial was an important showcase to Iraqis and the rest of
the world of «American democracy, American justice, American
accountability at work.»
Pour mémoire, je reprends le texte d’introduction
sur les mauvais traitements infligés aux chatons:
«Six soldats australiens pourraient être révoqués
de l’armée après avoir reconnu devant un tribunal
qu’ils avaient torturé à mort une portée
de chatons, suscitant un tollé au sein des associations protectrices
des animaux. [..] Un porte-parole de l’armée, Brian
Hickey, a pour sa part déclaré que «ces faits
avaient choqué beaucoup de monde et que l’armée
ne trouverait pas d’excuses à ce genre de comportement.»
Ma conclusion: Si tu es soldat et que tu veux le rester, il vaut
mieux torturer des prisonniers irakiens au sein de l’armée
des États-Unis que de torturer des chatons au sein de l’armée
australienne.
Suis-je trop cynique?
*

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| Israël |
Israël laisse un champ de ruines à Rafah
Ouest-France, 23 mai 2004
L’armée israélienne a redéployé
ses chars et ses hommes dans la ville palestinienne de Rafah après
trois nuits et deux jours de la plus vaste opération militaire
menée dans la bande de Gaza.
Ouest-France.fr
Gaza: Tsahal en avant toute avant le retrait
Jean-Luc Allouche, Libération, 21
mai 2004
La marée humaine qui a submergé le 15 mai la place
Yitzhak-Rabin à Tel-Aviv, pour exiger le retrait de Gaza
et la reprise du dialogue avec les Palestiniens, a sans doute convaincu
les responsables militaires que le vent a tourné: l’évacuation
de Gaza est, sinon immédiate, du moins inéluctable.
Le Premier ministre lui-même, Ariel Sharon, va proposer bientôt
un nouveau plan, modifié en ce sens. Du coup, trois objectifs,
au moins, peuvent être désignés à la
campagne militaire en cours: remonter le moral des troupes en reprenant
l’initiative du combat. Détruire, avant toute évacuation,
les caches d’armes en provenance d’Egypte. Et offrir
à la hiérarchie militaire, qui garde en mémoire
le «cauchemar» de l’évacuation du Liban,
une dernière victoire sur le terrain. C’est le prix
de son acceptation du plan Sharon, qu’elle désapprouve
à mots à peine couverts.
Libération.fr
Sale guerre à Gaza
L’éditorial du Monde, 20 mai
2004
On croyait avoir tout vu dans l’escalade de la répression
qui s’est abattue sur les territoires palestiniens occupés
depuis le début de la seconde Intifada. Aux attentats aveugles
répondaient des punitions collectives israéliennes,
chaque fois plus brutales. Les morts de Gaza - en particulier ceux
de mercredi lors du bombardement d’une manifestation pacifique
- et la démolition d’habitations par centaines depuis
qu’a été lancée l’opération
dite «Arc-en-ciel et nuages» montrent que les ravages
de la guerre n’ont plus de limites.
LeMonde.fr
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mai 2004 • Page 2/4 |
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