Suroît: un débat révélateur
Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 22 mai
2004
Où est passé le programme québécois
de lutte contre les changements climatiques?
Les audiences de la Régie de l’énergie sur
le projet de centrale thermique du Suroît et les solutions
de remplacement ont non seulement permis d’actualiser le dossier
des énergies vertes au Québec, elles ont aussi valu
à leur public relativement sélect des découvertes
de taille, comme la disparition, imprévue de tous, du programme
québécois de lutte contre les changements climatiques.
(...)
L’audience du Suroît a plutôt confirmé
que Québec et sa première société d’État
entendent gagner de l’argent avec la politique canadienne
de réduction des gaz à effet de serre, ce qui confirme
la faille principale du plan canadien, que dénonçait
l’ancien ministre de l’Environnement du Québec,
André Boisclair. En effet, Ottawa n’entend pas ramener
les émissions des producteurs thermiques aux niveaux de 1990,
selon l’esprit de Kyoto. Il laisserait plutôt ce secteur
clé accroître ses émissions d’ici 2010
en exigeant un ralentissement de 15% en 2008. C’est ainsi
que chaque producteur thermique d’électricité
recevra en 2008 des permis d’émissions basés
sur la moyenne canadienne d’émissions pour chaque mégawatt
produit. Comme l’essentiel de l’électricité
de source thermique provient de centrales au charbon et au mazout,
Hydro-Québec recevra beaucoup plus de crédits pour
chaque mégawatt thermique du Suroît que sa centrale
au gaz n’en émettra. Résultat: Hydro-Québec
aura un surplus de crédits qu’elle pourra vendre, à
fort prix. Une «prime pour la destruction de la planète»
qui horripile les écologistes. (...)
Les
écologistes ont réussi un coup de maître, qui
a modifié le cours des audiences, en mettant en commun leurs
ressources financières pour commander le premier bilan indépendant
du potentiel éolien du Québec. Or ce bilan situe autour
de 100 000 MW le potentiel technique et économiquement
accessible des vents forts au sud du 53e parallèle. Il va
dans le même sens que le bilan que publiera en septembre Environnement
Canada, qui établirait le potentiel théorique global
du Québec à plus de quatre millions de MW! Cent fois
la puissance actuellement disponible à Hydro-Québec!
La qualité de l’expertise obtenue par les écologistes
du côté américain en matière d’économies
d’énergie a aussi mis en relief la faiblesse des politiques
québécoises en la matière.
Il a même été mis en preuve que ce sont les
mégawatts économisés, les «négawatts»,
qui, les premiers, pourraient être disponibles afin d’épauler
l’effort de reconstitution des réserves d’Hydro-Québec.
Et ce, pour deux fois moins cher, au moins.
LeDevoir.com
L’économie d’énergie, plus payante que
le Suroît
Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 19 mai
2004
Hydro-Québec peut obtenir, avec une stratégie élaborée
d’économies d’énergie, la même puissance
et l’énergie escomptée du Suroît pour
deux à trois fois moins cher, avec une création d’emplois
de trois à six fois supérieure, pour un prix égal
ou inférieur.
LeDevoir.com
Hydro-Québec déclare un bénéfice de
1,1 milliard au premier trimestre
Claude Turcotte, Le Devoir, 22 mai 2004
LeDevoir.com
(réservé aux abonnés
du Devoir)
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La Russie signe un accord avec l’UE pour intégrer l’OMC
et se dit prête à ratifier le protocole de Kyoto
Thomas Ferenczi, avec AFP et Reuters, Le
Monde, 22 mai 2004
L’Union européenne et la Russie ont conclu, vendredi
21 mai à Moscou, à l’occasion de leur sommet
semestriel, un accord qui doit permettre l’adhésion
de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce
(OMC).
(...) Selon M. Poutine, la bonne volonté manifestée
par l’Union européenne pourrait favoriser le règlement
d’un autre dossier, celui de la ratification du protocole
de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à
effet de serre. Les États-Unis ayant annoncé qu’ils
ne ratifieraient pas ce protocole, son entrée en vigueur
dépend désormais exclusivement de la Russie, dont
la décision permettrait de franchir le seuil requis. M. Poutine
a fait savoir que la Russie allait «accélérer
le mouvement».
«Nous sommes favorables au processus de Kyoto, a-t-il
dit. Nous le soutenons. Nous avons quelques inquiétudes quant
aux obligations que nous devrons assumer. Le fait que l’Union
européenne avance vers nous dans les discussions sur l’OMC
ne peut pas ne pas avoir un effet positif sur l’attitude de
Moscou.»
LeMonde.fr
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Pauvre environnement!
Dixit Laurent Laplante, 20 mai 2004
Beau sujet de discours et fréquent prétexte à
colloques et à sommets, l’environnement n’obtient
pourtant pas les soutiens concrets dont il aurait besoin. Quelle
que soit l’échelle qu’adopte l’observation,
lenteurs et atermoiements sautent aux yeux plus souvent que les
palpables améliorations dans les comportements et les politiques.
Au Québec et au Canada, personne n’a encore une idée
précise des moyens envisagés pour freiner les hausses
de gaz à effet de serre et, plus globalement, pour donner
forme au protocole de Kyoto. En revanche, plusieurs décisions
gouvernementales vont à l’encontre du protocole, certaines
par des voies détournées, d’autres avec la tranchante
arrogance des certitudes.
Cyberie.qc.ca/dixit
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«Économies d’énergie. Faisons
vite, ça chauffe»
A.C.Husson, Novethic.fr, 18 mai 2004
Comment convaincre les Français* qu’ils doivent changer
leurs comportements pour lutter contre le réchauffement climatique?
En les incitant à mettre leurs actes en conformité
avec leurs paroles, c’est le pari que fait l’ADEME avec
une campagne de mobilisation qu’elle a lancé, mi-mai,
pour 3 ans. Pour accompagner le slogan: «Economies d’énergie,
faisons vite ça chauffe», l’agence environnementale
a choisi la chanson de Dalida «Paroles, paroles...»
Sa stratégie consiste à «alerter sans dramatiser,
inciter la population à agir pour une cause d’intérêt
général, montrer des gestes simples à mettre
en oeuvre en expliquant leur raison d’être». Le
pari est difficile car, si 73% des Français déclarent
qu’il faut changer de comportement pour empêcher l’augmentation
des gaz à effet de serre, 10% seulement citent les économies
d’énergie au quotidien comme geste efficace (Enquête
RCB Conseil 2003). Il faut donc essayer de faire accepter aux ménages
l’idée que leurs comportements quotidiens sont responsables
de 50% des émissions de gaz à effet de serre et qu’en
modifiant leurs modes de déplacement, de chauffage ou d’éclairage,
ils peuvent les réduire considérablement.
*Qui semblent pourtant
économes à l'oeil d'un Hydroquébécois!
Ndlr.
Les bons gestes
Maison
- Se contenter de 19° dans les pièces
à vivre et 15° dans les chambres (1 degré de
plus, c’est 7% d’énergie en plus)
- Éteindre la lumière en
sortant d’une pièce
- Ne pas laisser les appareils en veille
- Laver à basse température (un
cycle à 40° consomme 25% de moins qu’un cycle
de 60°)
- Remplir complètement le lave-vaisselle
avant de le lancer
- Éteindre systématiquement
son ordinateur
- Prendre une douche plutôt qu’un
bain (140 litres de moins chaque fois)
Transports
- Utiliser les transports en commun pour les
petits déplacements
- Conduire souplement (le contrôle accru
sur la vitesse a permis de faire baisser d’1,8% la consommation
des véhicules en 2003)
- Limiter au maximum l’utilisation de
la climatisation automobile
- Préférer le train, à
l’avion et à la voiture
Équipement
- Acheter des ampoules basse consommation
(l’éclairage représente 15% de la facture
d’électricité des ménages)
- Acheter du matériel électro-ménager
labellisé A (57% d’économie sur le «froid»,
55% sur le «lavage»)
- Éviter la climatisation (20%
d’énergie consommée en plus et source d’émissions
de gaz à effet de serre).
Novethic.fr
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Un froid solaire
Matthieu Écoiffier, Libération,
22 mai 2004
Faire du froid grâce au soleil? Le «rafraîchissement
solaire» n’est pas de la science-fiction, ni un oxymore
écolo-utopique, mais une technique fiable, déjà
mise en oeuvre. En France, les bureaux du CSTB ont été
les premiers à s’en équiper, il y a un an. Alors
qu’avec les beaux jours revient la peur d’une nouvelle
vague de chaleur meurtrière et que les particuliers se ruent
sans discernement sur les climatiseurs mobiles, le rafraîchissement
solaire est une solution de rechange qui semble promise à
un bel avenir. «90% du marché du solaire thermique
reste la production d’eau chaude sanitaire, rappelle
Dominique Caccavelli, directeur du laboratoire des énergies
renouvelables au CSTB. Mais deux autres applications ont un
fort potentiel: le chauffage des piscines et surtout la climatisation
solaire. C’est la plus logique: on a besoin de se rafraîchir
lorsqu’il fait chaud et il se trouve que c’est le moment
où il y a le plus de soleil.» Mieux, l’été,
les épisodes de canicule s’accompagnent de fortes pollutions
de l’air, couplées à des baisses de la capacité
de production d’électricité. Autant de problèmes
résolus par le solaire qui utilise localement une énergie
naturelle propre. Et gratuite.
Libération.com
Comment passer l’été au frais
Matthieu Écoiffier, Libération,
22 mai 2004
Les stratégies anticanicule de Thierry Salomon, thermicien
et fondateur de Négawatts
Libération.com
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