L’autre démocratie
Jean-Robert Sansfaçon, Le Devoir,
14 mai 2004
Lors de l’assemblée annuelle de Power Corporation,
tenue mercredi à Montréal, Paul Desmarais fils., président
et chef de l’exploitation du conglomérat multinational,
a qualifié d’«hystérique» la campagne
menée dans le milieu des investisseurs institutionnels pour
l’introduction de réformes en ce qui a trait à
la régie interne des entreprises. Pourtant, s’il est
un secteur de notre société qui a un urgent besoin
de rigueur et de démocratie, c’est bien la grande entreprise,
dont les dirigeants se comportent encore comme des seigneurs du
Moyen Âge.
(...)
Malgré Enron et WorldCom, Nortel et, récemment, Hollinger,
la haute finance n’est toujours pas sortie de la tourmente.
Même des sociétés qui se veulent respectables,
la banque CIBC par exemple, font aujourd’hui face à
des accusations de malversations. Il ne faut pas se fier aux promesses
d’autocontrôle faites par des dirigeants qui, tous autant
qu’ils sont, ont prouvé n’être préoccupés
que par une seule chose: se remplir les poches aux dépens
de leurs clients, des contribuables et même de leurs actionnaires.
LeDevoir.com
Après Enron et WorldCom, Nortel?
PC, Le Devoir, 14 mai 2004
Les dirigeants de Nortel pourraient écoper de peines de
prison à la suite d’une enquête criminelle menée
aux États-Unis
LeDevoir.com
*
Pour un savoir historique du social et du politique
Crime et pauvreté à l’ère du
libéralisme
Jean-Marie Fecteau. Professeur au Département
d’histoire de l’UQAM et directeur du Centre d’histoire
des régulations sociales, chercheur au Centre de recherche
sur les innovations sociales (CRISES). Le Devoir, 11 mai 2004
Comment une société «tient»-elle ensemble?
Comment est-il possible de penser un savoir-vivre (et un vouloir-vivre)
collectif se déclinant selon les règles de la démocratie
et du libre marché? Question fondamentale qui hante les sociétés,
à partir de ce moment où on a renoncé à
faire de Dieu l’explication première et dernière
de l’univers, où on a voulu inventer un monde fondé
sur la liberté et le respect de l’intégrité
des hommes et des femmes qui le composaient.
En somme, il s’agit de faire sens de ce basculement radical
du monde depuis maintenant deux siècles et de saisir les
enjeux collectifs fondamentaux qui se sont déployés
à partir de l’idée simple d’une liberté
humaine vécue dans l’égalité.(...)
Dans cette entreprise, il nous fallait comprendre des enjeux qui
sous-tendent les formes de régulation sociale mises en place
à l’ère libérale et qui, à partir
du plus profond du XIXe siècle, accouchent du monde actuel.
La stratégie privilégiée pour ce faire implique
de ramener ce libéralisme, triomphant au XIXe siècle,
à ce qu’il était vraiment: une version limitée,
mise au service des possédants, d’une immense aspiration
au bonheur issue de l’écroulement brutal du monde ancien.
LeDevoir.com
*
The Neoconomists
The Bush administration’s other revolutionaries.
Daniel Altman, Slate, May 10, 2004
While neoconservatives in the Bush administration remake American
foreign policy, another cadre of ideologues—call them the
neoconomists—is busy attempting to transform American society.
The revolution in economic policy is not being televised. There
was no big speech by President Bush to mark its birth, no «Axis
of Evil» catchphrase designed to capture headlines. Yet it
is every bit as dramatic and risky a change.
The neoconomists have one goal: to increase the rate at which
the economy grows by changing how the nation uses its resources.
It is a worthy goal, too. Following such as path could lead to a
period of untold prosperity, with living standards rising faster
than ever before. Or it might not. But even if the plan works, it
might just lead to the collapse of the capitalist system.
Slate.msn.com
|