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Torture

Robert Crockett / Alter ego


Donald Rumsfeld personnellement mis en cause dans le scandale des tortures en Irak

Le Monde, avec AFP et Reuters, 16 mai 2004

Le secrétaire à la défense américain a lui-même approuvé un projet destiné à autoriser l’usage de méthodes d’interrogatoire non conventionnelles pour obtenir des renseignements au sujet de l’insurrection irakienne, croit savoir le «New Yorker». Ces méthodes, d’abord utilisées en Afghanistan auprès de membres d’Al-Qaida, puis à Guantanamo, sont à l’origine du scandale des tortures infligées aux détenus irakiens de la prison d’Abou Ghraib, explique l’hebdomadaire sur son site internet.
LeMonde.fr


The Gray Zone

Seymour M. Hersh, The New Yorker, 15 mai 2004

The roots of the Abu Ghraib prison scandal lie not in the criminal inclinations of a few Army reservists but in a decision, approved last year by Secretary of Defense Donald Rumsfeld, to expand a highly secret operation, which had been focussed on the hunt for Al Qaeda, to the interrogation of prisoners in Iraq. Rumsfeld’s decision embittered the American intelligence community, damaged the effectiveness of élite combat units, and hurt America’s prospects in the war on terror.
NewYorker.com

*

Steve Bell, The Guardian, 11 mai 2004


Remarquable

Eric Fottorino, Le Monde, 11 mai 2004

Il avait l’air d’un premier communiant, hier, Donald Rumsfeld, en regardant couler le miel de la bouche de Bush.

Pour de vrai, avec son sourire modeste et ses cheveux bien coiffés en arrière, on lui aurait donné l’Irak sans confession et aussi la prison d’Abou Ghraib.
LeMonde.fr

*

Journal d’un «tortionnaire» en Irak
Manuel Grandjean, Le Courrier, 14 mai 2004

Joe Ryan est «interrogateur» à la prison d’Abou Ghraïb. Il travaille pour une société privée, CACI international Inc. Pour garder le contact avec les siens, il a eu l’idée de publier son journal sur Internet...
LeCourrier.ch

 

 
Commentaire


Henri Roy nous a fait parvenir les liens et commentaires suivants. Merci.

Bush: aucune justification à la décapitation de Nick Berg
Presse Canadienne, 12 mai 2004

«Il n’y a aucune justification à l’exécution brutale de Nicholas Berg, pas la moindre justification», a déclaré aux journalistes George W. Bush sur la Pelouse Sud de la Maison Blanche.

«Les actions des terroristes qui ont exécuté cette homme nous rappellent la nature de quelques personnes qui veulent arrêter l’avancée de la démocratie», a ajouté le président américain.

«Leur intention est d’ébranler notre volonté», a dit M. Bush. «Leur intention est d’ébranler notre confiance. (...) Pourtant, par leurs actions, ils nous rappellent à quel point certaines parties du monde ont besoin de sociétés libres. (...) Nous achèverons notre mission.»
Matin.qc.ca

*

Commentaire

Le président Bush ne trouve aucune justification pour l’exécution du malheureux Nicholas Berg… Est-ce que ses soldats à lui, Bush, ont des justifications pour les traitements qu’ils ont fait subir aux prisonniers irakiens? Je ne cautionne pas le geste de ces terroristes, cependant, voici la façon dont je vois la chose:

Des soldats américains et britanniques maltraitent et humilient des dizaines de prisonniers. Ces photos auraient dû être gardées secrètes, si c’eut été le cas, personne n’aurait su ce qui se passe là-bas.

En riposte, des terroristes exécutent par décapitation un Américain et diffusent l’exécution sur Internet. Cet innocent a été tué rapidement, sur le coup.

Lequel est le moins pire? L’Américain est maintenant mort, «délivré» si on veut. Je suis triste pour les siens et pour lui, bien sûr. Quant aux prisonniers torturés, ils devront vivre avec les séquelles de ces sévices pour ce qui leur reste de vie… À vous de juger.

Finalement, quant à parler de «justifications». Quelles étaient les justifications de «doubleyou» pour entrer en guerre contre l’Irak et tuer des dizaines ou des centaines d’Irakiens, innocents ou non? Les armes de destruction massive????? Laissez-moi rire…

Et, pour terminer, quelles étaient les intentions de Bush lors du déclenchement de cette guerre? Ébranler la volonté des Irakiens? Ébranler la confiance de Irakiens? Bush nous dit que les actions de ces terroristes rappellent à quel point certaines parties du monde ont besoin de sociétés libres?????? Et les actions de Bush et de ses tortionnaires, elles, elles devraient nous rappeler quoi? Je vous laisse sur ce questionnement...

*

Je viens de tomber sur cette brève insolite dans le Journal de Québec du 12 mai.

On nous dit que des soldats australiens auraient été impliqués dans de mauvais traitements envers des chatons. Ils risquent d’être évincés de l’armée… Il serait intéressant de suivre ce dossier en parallèle avec celui des sévices portés aux Irakiens par les soldats américains et britanniques… est-ce que les «sanctions» s’il y en a, seront proportionnelles?? À voir!

 

 
La guerre des images


Ce n’est qu’un début

Éric Fottorino, Le Monde, 13 mai 2004

La guerre continue. Mais c’est image contre image. Sexe flouté contre tête décollée.

On termine le boulot avec les armes du XXIe siècle, la com, les vidéos balancées sur Internet, des photos dont on souligne pourtant la médiocrité technique – des photos de mauvais amateurs – mais des photos qui font foi. Justement parce qu’elles ne sont pas trop «léchées». (...)

On en est là. Et après? Un chercheur associé au CNRS, Eric Deroo, interviewé par Libération du 13 mai, prévoit une escalade. «Puisqu’il faut frapper de plus en plus fort, on verra bientôt des images impliquant des enfants.» Cela promet.

Nous n’en sommes donc qu’au début de l’obscénité. Et le chercheur de poursuivre, soulignant la forte implication sexuelle des images déjà diffusées, qu’«elles peuvent également être reçues avec une certaine excitation». Ajoutons: avec un réel dégoût.
LeMonde.fr


La décapitation de Nick Berg bouleverse l’Amérique

Fabrice Rousselot, Libération, 12 mai 2004
Libération.fr

*

Réactions

Certains avancent que la décapitation serait l’oeuvre de soldats américains.

Fishy Circumstances and Flawed Timelines Surround American’s Beheading
Infowars.com

D’autres y voient une raison d’en finir avec l’Irak et le terrorisme, coûte que coûte...

Nick Berg’s murder
New York Post, May 12, 2004

No, the massacre of Nick Berg had nothing to do with Abu Ghraib.

Instead, this slaying was about the war against the West in general - and America, in particular. Indeed, the beheading may have been carried out personally by Abu Musab al-Zarqawi, a top aide of Osama bin Laden.

Some people - some Americans - have forgotten about 9/11.

That attack should have been enough to justify all-out war. But the hand-wringing over the war in Iraq - and over even the modest steps America took to defend itself, like the Patriot Act - suggests that folks truly have lost sight of what the war is about.

Yesterday they got a shocking reminder. And now they know: This war cannot be waged with half-measures.

It can end only with the total annihilation of those who practice butchery and barbarism. Those who have set as their goal the destruction of America.

There is no negotiating with such people. There can be no compromise with those who mean to destroy us.
NYPost.com

*

Tous des sauvages, par Robert Fisk
8 mai 2004, The Independent, PaxHumana.info

Lorsque l’on considère son ennemi comme un sauvage, on finit par le devenir soi-même.

À peine six mois avant la déclaration de la Première Guerre mondiale, ma grand-mère, Margaret Fisk, offrit à William, mon père, un livre de 360 pages sur l’aventure impériale intitulé: Tom Graham VC, histoire de la guerre afghane. (...)

L’histoire dans ce livre reflète parfaitement la génération de mon père. C’est une histoire raciste, d’une gaieté exubérante, mettant en évidence l’héroïsme des Britanniques et la sauvagerie des Musulmans. L’assassinat - réel - du personnel de l’ambassade britannique à Kaboul en 1879 entraîna une riposte de la part des militaires britanniques et c’est ainsi que Tom Graham débarque en Afghanistan avec son régiment. Quelques jours plus tard, Tom braque sa baïonnette «droit sous le museau», puis sur la poitrine d’un Afghan, «un géant au teint basané et aux yeux brillants de haine.» Dans la vallée du Kuruum, Graham repousse des «indigènes en colère, enivrés par la luxure et le pillage.» L’auteur souligne que chaque fois que les troupes britanniques tombaient entre les mains des Afghans «leurs corps étaient affreusement mutilés, indignement traités par ces démons d’apparence humaine.» Les Afghans sont tour à tour traités de «scélérats», de «bandits», et bien sûr ce sont «des démons d’apparence humaine». (...)

Il est aisé de constater comment dans le monde de gens «honnêtes, irréprochables et loyaux», dans lequel vivait mon père, les Britanniques avilissaient l’ennemi. Bien que la bravoure des Afghans soit çà et là mentionnée, l’auteur n’essaie pas de justifier leurs actions. L’idée que les Afghans ne veulent pas que des étrangers envahissent et occupent leur pays n’est pas même suggérée dans le livre.
PaxHumana.info


Version originale

If we see our enemies as inhuman, then we ourselves end up as savages
Robert Fisk, The Independent, 8 May 2004
Independent.co.uk

 

16 mai 2004 • Page 2/5