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La une de Libération
du 9 avril 2004
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«Ce n’est pas la guerre qui
a provoqué la haine. C’est ce qu’ils ont fait
après. C’est ce qu’ils font maintenant.»
Irak: Faisons-nous des ennemis
Naomi Klein, Le Grand Soir, 5 avril 2004.
Texte paru dans The Nation, 1 avril 2004
Jusqu’à présent, al-Sadr s’est abstenu
d’appeler ses partisans à rejoindre la résistance
armée, mais beaucoup ici pensent que la fermeture du journal
– un moyen non-violent de résister à l’occupation
– sera l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.
(...)
Tandis que les soldats US posaient les scellés devant les
bureaux du journal, je me suis retrouvée dans ce que je supposais
être un oasis de pro-américanisme, le compagnie de
boissons gazeuses Baghdad Soft Drinks Company. Le 1er mai, cette
usine commencer à produire un des plus puissants symboles
de la culture états-unienne: Pepsi-Cola. Je pensais que s’il
y avait une seule personne à Bagdad prête à
défendre les états-uniens, ce serait le patron de
la compagnie, Hamid Jassim Khamis. J’avais tort.
«C’est Bremer le responsable de tous les problèmes
en Irak,» m’affirma Khamis, entouré d’une
rangée de trente bouteilles de Pepsi et de 7-Up. «Il
n’a pas écouté les Irakiens. Il ne connaît
rien à l’Irak. Il a détruit le pays puis a tenté
de le reconstruire, et maintenant c’est le chaos.»
(...)
Certains faits marquants: À la fin du mois de mars, s’appuyant
sur son décret 39 du mois de septembre dernier, Bremer a
promu une nouvelle loi qui ouvre encore plus l’économie
Irakienne aux investisseurs étrangers, une loi que le prochain
gouvernement Irakien n’aura pas le droit de modifier, selon
les termes de la constitution d’intérim. Bremer a aussi
annoncé la création de plusieurs organismes de contrôle
indépendants, ce qui réduira dramatiquement les pouvoirs
des ministres du gouvernement Irakien. (...)
L’APC a confirmé aussi qu’après le 30
juin, les 18.4 milliards de dollars que le gouvernement états-unien
consacre à la reconstruction seront gérés directement
par l’ambassade des États-Unis en Irak. L’argent
sera dépensé sur cinq ans et va fondamentalement redessiner
les plus importantes infrastructures Irakiennes, y compris l’eau,
l’électricité, le pétrole et les communications,
ainsi que les tribunaux et la police. Les gouvernements futurs Irakiens
n’auront pas leur mot à dire dans la construction de
ces secteurs stratégiques. (...)
L’autorité d’occupation US a aussi trouvé
un moyen discret pour garder le contrôle des forces armées
Irakiennes. Bremer a émis un ordre exécutif qui stipule
que même après la mise en place du gouvernement Irakien
d’intérim, l’armée Irakienne sera sous
les ordres du Général US Ricardo Sanchez. Pour réussir
son tour de passe-passe, Washington compte sur une interprétation
très légaliste d’une clause de la résolution
1511 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui
place les forces états-uniennes en charge de la sécurité
en Irak jusqu’à «l’aboutissement du processus
politique» en Irak. Et c’est ainsi, puisque le «processus
politique» en Irak est sans fin, que les États-Unis
maintiendront leur contrôle militaire.
Il y a pourtant une portion du pays que le gouvernement US est
heureux de concéder au peuple Irakien: les hôpitaux.
LeGrandSoir.info
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