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L’Irak, un an plus tard

Le Couac, avril 2003


Le premier anniversaire de la guerre en Irak a donné lieu à plusieurs textes d’analyse qui tentent de faire le point sur la situation. En voici quelques-uns.

Le monde sans Saddam
Guy Taillefer, Le Devoir, 19 mars 2004

Un an jour pour jour après le déclenchement de la «guerre préventive» contre l’Irak, un attentat terroriste continue d’en chasser un autre. Tout le contraire de ce qu’avait laissé miroiter aux opinions publiques le président George W. Bush. Un an plus tard et un Saddam Hussein en moins, les troupes américaines s’enlisent en Irak, aucune arme de destruction massive n’a été découverte et les promesses de démocratie, censée faire tache d’huile dans tout le Proche-Orient, peinent à se concrétiser à Bagdad, grevées par les tensions ethniques.
LeDevoir.com


Le Monde, 29 mars 2003


Aller en Irak avant de stabiliser l’Afghanistan était une erreur fondamentale

Bush et Blair ont provoqué une crise sans précédent
Houchang Hassan-Yari, spécialiste du Moyen-Orient, Collège militaire royal du Canada, Kingston. Le Devoir, 19 mars 2004

Partenaires plutôt inconfortables, Bush et Blair ont conduit la communauté internationale dans une crise sans précédent. La déchirure euroatlantique, la division profonde au sein de l’OTAN et du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que les énormes manifestations antiguerre dans plusieurs pays ont été les effets les plus spectaculaires de l’aventure anglo-saxonne. La détermination du duo Bush-Blair d’aller en guerre contre le régime baasiste plonge le monde dans une incertitude profonde avec des conséquences difficiles à calculer un an plus tard.
LeDevoir.com


The New Yorker, mars 2003


Un an après, l’Irak dans l’impasse

José Garçon et Fabrice Rousselot, Libération, 19 mars 2004

Le 20 mars 2003, les États-Unis lançaient l’offensive contre Saddam Hussein. Tour d’horizon des quatre fiascos de la coalition.

Hier, en Irak, neuf civils sont morts dans des attentats ou des affrontements entre Bagdad et Bassora. Le bilan de l’attentat de mercredi près de l’hôtel Jabal Loubnan de la capitale irakienne s’est finalement établi à 7 morts. Hier soir, deux autres hôtels, ainsi que le QG des forces américaines, ont été touchés par des explosions. L’Irak vit désormais au rythme des attaques. État des lieux un an après le début de l’offensive américaine.
Libération.fr


Catalogue Sears, hiver 2002-2003, page 960


Guerre en Irak: un an après

Un dossier de Radio-Canada
Radio-Canada.ca

Le journal anti-guerre, jour après jour
Paxhumana.info

Voices on Irak
Série d’entrevues
Guardian.co.uk


Whitehouse.org


Selon un ex-conseiller

Rumsfeld voulait bombarder Bagdad en septembre 2001
AFP, Cyberpresse, 20 mars 2004

Le lendemain du 11 septembre alors qu’il était clair que l’organisation Al-Qaïda était impliquée, «Rumsfeld disait que nous devions bombarder l’Irak», a indiqué Richard Clarke dans un entretien qui devait être diffusé dimanche par la chaîne de télévision CBS.

Tous les conseillers ont alors répondu «Mais non, non! Al-Qaïda est en Afghanistan», a ajouté M. Clarke. «Il n’y a pas de bonnes cibles en Afghanistan alors qu’il y en a plein en Irak», a rétorqué Rumsfeld cité par l’ancien conseiller.
Cyberpresse.ca

 

 
George Orwell


La guerre donc, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieures, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser l’un l’autre. Mais, bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l’atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée.

Ainsi qu’on le verra, la guerre est une affaire purement intérieure. Anciennement, les groupes dirigeants de tous les pays, bien qu’il leur fût possible de reconnaître leur intérêt commun et, par conséquent, de limiter les dégâts de la guerre, luttaient réellement les uns contre les autres, et celui qui était victorieux pillait toujours le vaincu. De nos jours, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres. La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société.

George Orwell, 1984

 

21 mars 2004 • Page 3/6