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Madrid-Bagdad

Zapatero demande un «changement radical» dans la stratégie suivie en Irak

AFP, Cyberpresse, 20 mars 2004

Dans une interview publiée par le quotidien El Pais, le dirigeant socialiste a estimé que «la guerre en Irak a été une grande erreur» et que «la gestion de l’occupation a été un désastre». «Ou il y aura un changement radical, en profondeur, de la stratégie suivie en Irak, un changement pris en mains par les Nations unies et qui concerne les forces d’occupation avec une modification du commandement de ces forces, ou les troupes espagnoles seront rapatriées», a-t-il dit.

«Il est en outre nécessaire d’ouvrir un grand débat international pour déterminer comment agir afin que jamais ne survienne une intervention militaire comme celle qui a eu lieu en Irak», a-t-il ajouté.
Cyberpresse.ca


Iraq: Blair and Bush seek new UN backing

Kamal Ahmed, The Observer, March 21, 2004

The United Nations is to be given a lead role in post-occupation Iraq under British and American plans to shore up crumbling international support for the continuing military presence in the country.

UK officials told The Observer there will be a sustained push for a fresh UN resolution «mandating» the continued military presence in Iraq after the handover to the transitional government in June.

The move comes a week after the new Spanish Prime Minister, José Luís Rodriguez Zapatero, threatened to withdraw troops from the coalition force unless it was given a greater degree of international legitimacy. British officials said Republican claims from America that Spain had ’appeased’ terrorists were unhelpful and wrong.
Observer.guardian.co.uk


Une thèse méprisante

L’éditorial du Monde, 18 mars 2004

Contrairement à ce que certains voudraient laisser accroire, les Espagnols ont voté contre M. Aznar et son Parti populaire non par peur, mais par colère. Ils n’ont pas supporté que le gouvernement, son président en tête, leur mente. Qu’il cherche à manipuler leurs suffrages en reportant toute la responsabilité des attentats sur l’ETA alors qu’il possédait déjà des éléments débouchant sur la piste islamiste. Cette manipulation de l’information, appuyée par des pressions sur les grands médias, a ravivé le souvenir d’autres mensonges, sur la présence d’armes de destruction massive en Irak, par exemple, sur lesquels M. Aznar a refusé de s’expliquer. Elle a relancé l’opposition à l’engagement en Irak qui, en d’autres circonstances, n’aurait certainement pas eu les mêmes conséquences électorales.

La droite espagnole a donc été battue par elle-même, par le recours à des méthodes dont elle n’a malheureusement pas l’exclusivité. C’est pourquoi le sursaut des Espagnols, loin d’apparaître comme une démission face au terrorisme, est une leçon de démocratie.
LeMonde.fr

*

Les attentats de Madrid et le premier anniversaire de la guerre en Irak auront été l’occasion pour les partisans de la guerre de nous resservir de généreuses portions de propagande hégémoniste. Toujours prodigue, Denise Bombardier nous offre ici un florilège exemplaire.


Le vrai triomphe de la terreur

Denise Bombardier, Le Devoir, 20 mars 2004

Terrible et déprimant constat: les fondamentalistes islamiques ont d’ores et déjà réussi leur oeuvre d’intoxication des esprits. En effet, nombreux sont les Occidentaux qui établissent une équation entre George W. Bush et Saddam Hussein, voire Oussama ben Laden. Ils sont également nombreux à croire sincèrement que l’action terroriste actuelle disparaîtrait d’elle-même si les Américains se retiraient d’Irak et que les pays alliés seraient à l’abri s’ils se distanciaient de la politique américaine.

La gauche occidentale, elle, va plus loin en donnant à penser que les inégalités sociales sont à la source de cette dérive politico-religieuse, ce qui sous-tendrait que l’idéologie qui anime les terroristes avait pour objectif la justice et le bonheur collectif. (...) La vision romantique de l’acte terroriste au nom de la cause noble a la vie dure.

(...)

Il est faux de croire qu’al-Qaïda et ses disciples s’attaquent à l’Amérique de Bush. Celle de Kerry n’y échapperait pas non plus, de même que l’ensemble des démocraties peuplées de «chiens de chrétiens, de porcs et d’impurs». Les fondamentalistes sont guidés par la haine des valeurs qui nous définissent. Le monde qu’ils rêvent d’instaurer, les talibans nous en ont donné un avant-goût. C’est un monde où la femme disparaît sous la burqa grillagée et informe, asservie et réduite à un instrument de reproduction. C’est un monde où les créateurs sont étouffés, au propre et au figuré, où tous les marginaux sont éliminés, où la musique est interdite, le rire flagellé, le sexe vomi et la liberté lapidée.
Le Devoir.com

 

 
Bush



«God loves you, and I love you. And you can count on both of us as a powerful message that people who wonder about their future can hear.»

George W. Bush

Bushism of the Day
Jacob Weisberg, Slate, March 15, 2004
Slate.msn.com


George Bush est déterminé à «combattre jusqu’à ce que l’ennemi soit brisé»

Patrick Jarreau, Le Monde, 19 mars 2004

Un an après le déclenchement de la guerre en Irak, le président George Bush a invité les ambassadeurs des États associés à l’opération «Liberté immuable», en Afghanistan, et à l’opération «Liberté de l’Irak», en Irak, à venir célébrer avec lui, à la Maison Blanche, vendredi 19 mars, l’entente des pays qui participent à ce qu’il appelle la «guerre mondiale contre le terrorisme». Pour les dirigeants américains, la guerre en Irak et l’actuelle occupation de ce pays font partie de la lutte contre le terrorisme islamiste. «Les terroristes comprennent que l’Irak est le front central», a déclaré M. Bush, jeudi, à propos de l’attentat commis, la veille, à Bagdad.

(...)

A Fort Campbell, dans le Kentucky, devant les soldats de la 101e division aéroportée, revenus récemment d’Irak, M. Bush a évoqué, jeudi, l’attentat de Madrid, pour souligner que «cet ennemi terroriste ne pourra jamais être apaisé, parce que la mort est son drapeau et sa cause». «Il n’y a de sûreté pour aucune nation au monde vivant à la merci de bandits et de meurtriers de masse, a dit le président américain. Il n’y a pas de lieu où l’on puisse se cacher des bombes ou des armes bien pires que recherchent les terroristes. Pour le monde civilisé, la seule voie qui mène à la sécurité est de rester uni et de combattre jusqu’à ce que l’ennemi soit brisé.» Il a ajouté que les États-Unis ont pris «l’engagement solennel de vaincre le terrorisme dans le monde» et que c’est un combat dont ils assument la direction.
LeMonde.fr


Speech marks anniversary of U.S.-led invasion

Bush hails «day of deliverance» for Iraq
Sean Loughlin, CNN, March 20, 2004
CNN.com


Les Canadiens ne croient pas George Bush

Radio-Canada, 15 mars 2004

C’est ce que révèle un sondage, effectué par Ipsos-Reid, pour le compte du quotidien Globe and Mail et le réseau CTV. À la question «croyez-vous que Bush a sciemment menti au monde entier pour justifier la guerre en Irak ?», 40% en sont fortement convaincus et 27% plutôt convaincus.
Radio-Canada.ca

*

 

21 mars 2004 • Page 2/6