Vous pouvez participer
à CornedeBrume.com

Pour en savoir plus ›››

Vous voulez faire un commentaire sur l'actualité, vous avez un article à signaler ou un site Internet à suggérer?
Écrivez-nous

 


CornedeBrume.com
est hébergé par
VirusDesign.com,
le projet de réseau.
Pour en savoir plus ›››


Pour nous rejoindre
Contact@VirusDesign.com

 

Contribuez à soutenir le projet de réseau tout en étant resplendissant dans un de nos (magnifiques) t-shirts sérigraphiés (à la main et en petites séries).

Soyez le premier de votre groupe, de votre quartier, de votre ville, pays ou continent à porter un de nos t-shirts!

 


Combattez la novlangue!
Participez à notre dictionnaire maison.

Entrez ›››

 
«Lanctôt-les-culottes»


Le grand Jacques en réponse à «Lanctôt-les-culottes»

par Luc Asselin
Extrait au bas de cette page

Tout d’abord, eh oui, un Irlandais symbole de l’impérialisme britannique. En d’autres lieux et en d’autre temps, on appelait ça des «collabos». Mais, évidemment, le Québec est un des rares endroits au monde où on voue une forme de culte à ce genre de personnages, comme le prouvent les déballages survenus dans le cadre de certaines funérailles nationales pas si lointaines.

Le témoignage de M. Lanctôt semble anachronique? Sans doute avez-vous raison. Mais le véritable regret que nous formulons tous les trois, MM. Falardeau, Lanctôt et moi – puisque, à vous en croire, nous sommes les seuls –, est que tant de gens aujourd’hui aient perdu de vue la légitimité de la cause qui était défendue alors. Les moyens utilisés vous répugnent? Je vous comprends tout à fait. Vous admettrez pourtant avec moi que l’on ne risque guère de changer l’ordre établi avec des bouts de papier, fussent-ils pliés dans des boîtes en carton ou imprimés en demi-page dans un hebdomadaire.

M. Lanctôt ne dit pas un mot au sujet de son otage? C’est tout à fait exact. Mais qu’eussiez-vous écrit s’il s’était montré hargneux, ému ou intransigeant à son endroit? De quelles injures l’auriez-vous alors abreuvé? Dans sa position, il n’y a que l’objectivité, voire la froideur, qui soit de mise.

Souvenez-vous, M. Lévesque, que ceux qui ont agi – en bien ou en mal, je vous laisse seul juge – selon leurs principes et leur conscience sont TOUJOURS crucifiés sur la place publique par ceux qui n’ont ni les uns ni l’autre. Gardez-vous que le jugement tranché que vous portez aujourd’hui ne se retourne, dans trente ans, contre vous.

Vous ébauchez subrepticement l’injuste incarcération de James R. Cross. Et vous avez encore une fois raison. C’est toutefois curieux que, dans les circonstances, vous ne mentionniez pas l’effet de la Loi sur les mesures de guerre en contrepoint. Sans doute un oubli fâcheux dû à l’indignation…

En terminant, permettez-moi d’être fair-play et de vous avouer la vérité : nous ne sommes pas que trois à défendre la «cause légitime». Je soupçonne même que vous l’avez défendue aussi, un jour.


P.S. : Pour ma part, je ne vis pas des subventions gouvernementales. Mais si cela m’était possible, je le ferais, car s’il m’indispose de donner de l’argent à mes adversaires, je trouve tout à fait légitime d’employer leurs propres ressources pour les combattre.

*

Extrait

L’Irlandais impérialiste
Robert Lévesque, «Le carnet», Ici, vol. 7, n° 24, 11 mars 2004, p. 22.

Mon sujet préféré, finalement, décidai-je, ce sera Lanctôt. Lanctôt le terroriste d’octobre 70 tel qu’on peut le voir dans L’otage à Ex-Centris. On sort de cet excellent documentaire de Carl Leblanc en se demandant si cet homme-là, aujourd’hui éditeur, est intellectuellement idiot ou humainement salaud. Allez-y, vous verrez un individu qui, plus de 30 ans après la crise d’octobre, non seulement n’a pas un mot envers son orage James Richard Cross, mais ne semble pas avoir la moindre analyse objective de ces événements.

Son attitude est exactement la même que s’il avait été interrogé à chaud trois semaines après les faits et son exil à Cuba. Voyons son argumentaire. 1) Il défendait une cause légitime. 2) Ils n’ont jamais molesté le diplomate. 3) Ils n’étaient pas de vrais terroristes. 4) Ils ne seraient jamais passés aux actes malgré les ultimatums lancés aux gouvernements. 5) Cross n’était qu’un symbole de l’impérialisme britannique… On entend ça, en 2004, et on croit rêver.

D’abord, un Irlandais comme symbole de l’impérialisme britannique, c’est pas mal, non? La cellule Libération de Lanctôt ne connaissait donc pas la petite nationalité du diplomate qu’ils kidnappaient. Cela pourrait sans doute laisser à penser qu’ils n’étaient pas «de vrais terroristes», en effet, mais cela n’empêche pas que ces Bozo-les-culottes de 1970 ont séquestré un homme durant deux mois et que cet homme, coupé du monde, fut confronté journellement à sa mort.

Quant à la «cause légitime», que Lanctôt défendait encore dans le courrier des lecteurs de La Presse le 5 mars dernier en la plaçant au niveau de la création des États-Unis en 1776 et de celle d’Israël en 1948, elle a bon dos, cette «cause nationale», qui n’a plus que des Falardeau et des Lanctôt pour la soutenir, eux qui vivent aux crochets de subventions gouvernementales, surtout fédérales.

Intellectuellement imbécile ou humainement salaud, c’est au choix, car ce Lanctôt-les-culottes ne semble pas comprendre (même s’il évoque l’hypothèse du bout de ses lèvres hypocrites) que le 5 octobre 1970 il n’a entrepris rien d’autre que de la détruire, cette «cause», et, n’ayant aucune compassion envers James Richard Cross, on l’entend au contraire se gausser de lui avoir fait connaître «le pâté chinois, qui n’est pas du manger de consul». Lamentable. Et con.

 

21 mars 2004 • Page 5b/6