Voilà. C’était notre deuxième numéro de Corne de Brume. Malgré son habituel côté décousu, le lecteur perspicace aura dénoté la subtile saveur estivale qui imprègne l’ensemble. C’est que, justement, c’est l’été. Pendant que dans les pays qui ne connaissent pas l’hiver on continuera à se battre et à mourir de faim et de soif, ici, en terre québécoise, l’on s’apprête à mettre son cerveau sur la glace jusqu’à la rentrée, histoire de bien profiter de cette courte saison sans trop culpabiliser, si possible.

Comme le dit si bien mon ami Danny:
«L’été, c’est fait pour jouer!».

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Le lecteur perspicace aura aussi remarqué la disparition des Actualités, qui ont été remplacées par le Babillard*. Aussi amusantes étaient-elles à fabriquer, les Actualités demandaient trop de temps, ce qui bloquait les autres projets, dont Journaldevoyage.com, qui se joint aujourd’hui au réseau. La formule du Babillard permettra à nos auteurs comme à nos lecteurs de s’exprimer entre deux numéros de Corne de Brume. Bien sûr, ce sera l’endroit tout désigné pour parler de l’actualité, mais davantage sous forme de commentaires que de revue de presse, puisque c’est surtout cet exercice qui prenait du temps. Pour le moment, le Babillard est vide. Il entrera en fonction dès lors que nos cerveaux reviendront à une température fonctionnelle.

*Pour nos lecteurs hors-Québec: le babillard est l’appellation québécoise du tableau d’affichage. En anglais: Pin board.

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Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, Fête nationale du Québec. Il fait présentement 21 degrés, maximum prévu de 24 degrés, possibilité d’orages en après-midi et risque de pluie en soirée.

Vu le grand spectacle en plein air prévu pour ce soir au parc Maisonneuve, à Montréal, il est à craindre que nos artistes engagés (engagés par le gouvernement provincial cette semaine et par le fédéral la semaine prochaine) doivent se mouiller plus qu’ils ne le souhaitent.

Bien sûr, en cette veille d’élection fédérale où le Bloc Québécois semble avoir le vent dans les voiles, tout ce que le Québec compte de souverainistes, purs, durs, mous ou occasionnels, est d’humeur à faire la fête.

Certains s’emportent même un peu trop. Comme Bernard Landry, gonflé à bloc (!) du fait de son mariage avec Lady Chantal Renaud, mais peut-être un tantinet jaloux du succès de Gilles Duceppe, que plusieurs voient déjà prendre sa place, et qui a confié au Globe and Mail qu’un succès massif pour le Bloc signifierait la victoire de la première des trois périodes devant mener à l’indépendance du Québec.

Franchement!

Comment dit-on «tiens ta langue» en latin?

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La Presse, 23 juin 2004. Un bel effort de Gesca pour faire peur à ses lecteurs fédéralistes, et bien plus subtil qu’un éditorial d’Alain Dubuc!

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Bon, d’accord, si les conservateurs devaient former le prochain gouvernement, et majoritaire de surcroît, certains bloquistes pourraient regretter leur choix. Mais on avance qu’une telle situation pourrait être favorable au mouvement souverainiste. En effet, advenant un balayage bloquiste au Québec, s’il fallait que le Rest of Canada élise un gouvernement conservateur, nous pourrions légitimement réclamer le divorce en plaidant les «différences irréconciliables».

Malgré tout, et tout souverainiste que je suis, c’est une option que je ne souhaite en aucun cas. Pensez-y. Stephen Harper comme premier ministre du Canada? Aussi à droite que Bush, mais avec l’intelligence en plus? Merci, mais non merci.

Vraiment, nous vivons une époque formidable. Voici qu’on peut être indépendantiste et progressiste et souhaiter l’élection du Parti libéral tout en votant pour le Bloc!

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Du point de vue économique, l’écart entre les libéraux et les conservateurs est moins grand qu’on voudrait nous le faire croire. (Ce qui est bien connu des Québécois, vu notre gouvernement provincial libéral et conservateur.) En gros et pour résumer, on pourrait dire que les conservateurs veulent aller plus vite que les libéraux, eux qui ont toujours gouverné en gardant un oeil sur les sondages, question de ménager la chèvre et le chou, et surtout de conserver le pouvoir, confiants que le glissement vers la droite de l’électorat se poursuivra inexorablement.

Ce qui pose un problème supplémentaire avec les néoconservateurs, c’est leur posture morale supérieure et intolérante, ce qui devrait nous faire craindre le pire.

Ça et leur incroyable politique internationale, qui ferait du Canada le valet des États-Unis, le modèle avoué de la bande à Harper. Les cyniques diront que c’est déjà le cas. Peut-être. Admettons, pour faire image, que nous soyons déjà à genoux, alors sachez que les conservateurs s’apprêtent à baisser notre pantalon collectif!

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Le lecteur perspicace, toujours lui, en espérant qu’il ne soit pas déjà parti en vacances, se demandera comment, face à un tel péril, peut-on quand même voter pour le Bloc Québécois?

Il existe plusieurs bonnes raisons de le faire, mais dans mon cas particulier, il faut savoir que le candidat libéral de ma circonscription n’est autre que Jean Lapierre. On peut me demander beaucoup de choses, mais pas de voter pour lui. D’ailleurs, si le candidat néodémocrate, Omar Aktouf, avait eu la moindre chance de barrer la route à Jean Lapierre, j’aurais voté pour lui... Appelons ça un vote stratégique local si vous voulez.

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Il n’en demeure pas moins que cette élection fédérale est la plus intéressante qui se soit tenue depuis longtemps.

Il est toujours divertissant de voir des politiciens en campagne. Quel plaisir de les entendre exprimer toute cette bonne volonté qui les anime. Et toutes ces déclarations emportées, la main sur le coeur et la larme à l’oeil... Qui pourrait se blaser de voir la fougue qui les enivre quand ils pourfendent l’ennemi?

Non, vraiment, quel spectacle que les élections, là où démagogie et démocratie se rencontrent, se fondent et se confondent.

Bien sûr, celui qui n’apprécie pas l’ironie qualifiera plutôt le spectacle de désolant, consternant, affligeant, désespérant, navrant, triste ou décevant, au choix ou en vrac.

[Ici je dois féliciter Gilles Duceppe pour sa tenue impeccable pendant la campagne. Il est vrai que sa position «hors-jeu» est particulière et avantageuse, mais n’empêche, quelle classe. Chapeau!]

Mais ce qui rend ces élections si captivantes, hormis la gravité réelle des enjeux, c’est que contrairement aux dernières élections fédérales, bien malin qui peut prédire l’issue du vote.

Alors, lundi soir, si la tendance se maintient, je serai devant la télé, prêt pour le match politique canadien de la décennie, alors que la droite affrontera la plusse-droite encore!

Et pour une fois, je prendrai pour la droite...

Misère!

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Bonne élection, bon été et bonnes vacances!



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